Will se retourna précipitamment pour regarder celui qui avait parlé et se retrouva devant un homme qui lui ressemblait étrangement, en un peu plus vieux. Bill l'attrapa en lui hurlant dessus et l'éjecta de la voiture.
Bill : Et ta main aussi au passage connard.
Will : Wow, on se calme là... Tom m'a dit que tout était ok !
Bill : Ok ? Non mais tu déconnes j'espère, il est mineur... Et tu as quel âge toi ?
Tom : Stop.
Tom s'était rhabillé et était sortit du véhicule. Il regardait la scène, la tête posée sur ses bras, pliés sur le toit de la voiture.
Tom : Qu'est-ce que tu me fais là ?
Bill : Comment ça, « qu'est-ce que je fais ? » Ça se voit pas peut-être ?
Tom : J'avoue, j'en sais rien. Tu crois que je t'ai attendu peut-être ? Tu sais très bien que non. Tu joues à quoi ? Un rôle de père ? Une crise de jalousie ? Un regain de possessivité ?
Will : Bon, je vais y aller moi.
Bill : Ouais c'est ça, tires-toi.
Tom : On s'appelle.
Will accepta d'un signe de tête, remonta dans sa voiture et partit. Le père et le fils se faisaient face et aucun ne voulaient apparemment perdre cette joute visuelle. Les feux rouges avaient disparu de l'allée et le bruit du moteur se faisait presque silencieux... L'homme était loin.
Bill : Mais enfin Tom, tu te rends comptes de ce que tu allais faire ?
Tom : Oui, pourquoi ?
Bill : Tu le connais depuis quand ce mec ? Tu sais rien sur lui... Et il me... Enfin...
Tom : Te ressemble ? Et alors ?
Bill avait crispé ses poings, cette réalité le dérangeait. Il ne s'était pas encore fait à l'idée que son fils couchait avec des hommes, mais si en plus il ne choisissait que des personnes qui lui ressemblait, c'était... Trop.
Bill : Tu as bu... Et tu comptais te laisser sauter comme une vulgaire pute par un mec à peine rencontré.
Le brun se reçut un coup dans la mâchoire et il en perdit presque l'équilibre. Tom avait frappé de toutes ses forces et de toute sa rage. Il pleurait, de peine et de colère. Il se mit à hurler, crier tout ce qui lui passait par la tête, tout ce qui lui faisait mal...
Tom : Je peux pas t'avoir, mais je dois pas non plus aller voir ailleurs ? On ne fera jamais l'amour, mais j'ai pas le droit non plus de me faire sauter comme tu dis ? Alors quoi ? Je me tire une balle tout de suite ou j'attends encore un peu ? Tu veux quoi ? Je peux pas faire autrement que de t'aimer, mais laisse moi au moins essayer de t'oublier...
Bill : En couchant avec des mecs qui me ressemble ?
Tom serra les dents, que répondre à ça ? Oui il choisissait toujours les hommes qui ressemblaient à son père. Il s'était résigné à ne pas avoir l'original dans ses bras, alors il se contentait de pâles copies. Il lui tourna le dos et commença à marcher en direction de la maison. Ses larmes roulaient toujours le long de ses joues, mais il n'essayait même plus de les effacer ou de les arrêter.
Bill avait presque envie de vomir... Il était dégoûté. Son comportement, les phrases qu'il avait prononcé, les mots qu'il avait employé, le ton qu'il avait utilisé... Il se maudissait d'avoir été si con. Sa réaction avait été trop violente, mais incontrôlable. Il ne se reconnaissait plus, il n'avait pas voulu faire tout ça, mais il avait vu rouge... Oui, il était sûrement jaloux, mais pourquoi ? Il n'était pas amoureux. Il ne désirait pas son fils de cette façon. Il ne le voyait pas de ces yeux là.
Quelque chose se passait, mais quoi ?
Il aurait voulu suivre Tom pour lui demander pardon, mais ses pieds ne voulaient pas quitter le sol, ses jambes ne voulaient pas lui obéir... Et ses pleurs ne voulaient pas se tarir.
Comment avait-il pu être aussi minable avec son propre fils ? Il n'en revenait toujours pas. Cela faisait presque trente minutes qu'il était là, debout dans l'allée du jardin, lorsqu'il se décida... Il devait se faire pardonner. Il commença à marcher et une fois rentré dans la maison il put voir le carnage que Tom avait mis. Le salon ressemblait plus à un dépotoir qu'autre chose, il y avait même quelques gouttes de sang par terre, signe que son fils n'y était vraiment pas allé de main morte. Il s'apprêtait à monter les escalier lorsque le téléphone sonna. Il alla décrocher sur l'appareil de la cuisine.
Il ouvrit la bouche, mais se retint de prononcer le moindre mot... Tom avait décroché en même temps à l'étage. C'était Will... Et Bill sentit son sang bouillir dans ses veines et pulser plus que de raison dans son corps. Il aurait du se faire entendre ou raccrocher le combiné, mais il en était incapable et les mots qu'il entendait le révoltaient, le brûlaient de l'intérieur, lui donnaient envie de gerber...
Oui, c'est ça... Ce mec le dégoûtait. Il parlait de façon complètement obscène à son enfant... Et Tom répondait. Ils ne parlaient pas de faire l'amour, mais de baiser, du sexe... Du corps de Tom parfaitement bandant et Bill enfonçait ses ongles dans la table en bois en entendant ce que ce type voulait faire à son fils... Le sauter, le prendre, le faire crier et hurler de plaisir, s'enfoncer en lui ou encore le sucer, le lécher partout, le moindre centimètre carré de sa peau... Tom répondait, mais riait un peu aussi. Il se prenait au jeu et Bill détestait ça.
Non, son fils n'était plus un enfant...
Will continuait à parler, ils se chauffaient au téléphone et Bill aurait tellement aimé l'avoir en face de lui pour lui fracasser la tête, éclater ce visage qui lui ressemblait tant et qui avait réussi à attirer Tom. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi il réagissait comme ça, mais il ne le supportait pas. Il avait une chance de retrouver son fils et ce mec venait tout foutre en l'air, s'immiscer entre eux... Non, il ne le tolérait pas.
Il était perdu dans ses pensées lorsqu'il remarqua que la conversation avait cessé, ils n'avaient pas raccroché, juste qu'ils ne parlaient plus... Et Bill se retourna d'un coup, sentant une présence dans son dos.
Tom : J'te rappelle.
Il appuya sur le bouton rouge et regarda son père plus méchamment qu'il ne l'avait sûrement jamais fait.
Bill : Non, Tom je peux...
Tom ne lui laissa pas le temps de répondre davantage qu'il lui balança le combiné violemment dans la figure en l'inondant sous les insultes. Il n'en revenait pas, son père avait écouté au téléphone toute sa conversation, tout ce que Will avait pu lui dire, Bill l'avait entendu... Il n'arrivait pas à calmer sa colère et la haine commençait à pourrir ses mots. Comment avait-il pu croire que les choses pourraient s'arranger ? Il n'aurait jamais du lui avouer...
Bill se rapprochait de lui et chaque pas qu'il faisait, Tom reculait. Le brun essayait de garder son calme et de redonner le sien au jeune homme, mais cela semblait peine perdu ; Tom était fou de rage. Il n'avait malheureusement aucune bonne excuse à fournir ; il s'inquiétait, il voulait le protéger... Foutaises, Tom n'irait jamais croire ça après les quatre années qu'il venait de passer, les six mois de détention, et après... Bill ne saurait jamais ce qu'il lui était arrivé, ce qu'il avait enduré... Il ne pouvait pas lui dire la vérité avec le comportement qu'il montrait maintenant. Il ne pouvait plus lui faire confiance... Mais avait-il déjà essayé ?
Bill continuait d'avancer et Tom commençait à paniquer et dans sa colère se mêlait de la peur, dans ses yeux se lisait de la crainte.
Tom : M'approches pas, va t'en...
Bill : Je te ferais jamais de mal Tom, tu le sais. Viens, je suis désolé, j'aurais jamais du. Pardonne-moi.
Tom : Fous-moi la paix, dégage, laisses-moi tranquille. Merde, barre-toi. Qu'est-ce que tu me veux à la fin ?
Bill : Je veux que tu arrêtes de me fuir, je veux que nous deux, on soit une famille.
Tom : C'est impossible.
Le dreadé avait crié de toutes ses forces avant de partit en courant... Loin, aussi loin qu'il pouvait, aussi loin que le porteraient ses jambes.
- - - -
Une heure qu'il marchait et la colère avait peu à peu laissé place à la peine. Il n'aurait jamais du se rapprocher de son père, il le savait, mais avait voulu y croire... Il était bien coincé maintenant. Il en avait marre de marcher et il avait froid. Il était sorti en tee-shirt et la première demi-heure sa colère et sa marche plus que rapide l'avait tenu au chaud, mais à présent il grelottait...
Il sortit le portable de sa poche, un cadeau de son père pour ses 13 ans et il y avait même une photo de lui en fond d'écran... Décidément... Il rechercha le numéro dans son répertoire et lorsque la personne répondit, Tom lui demanda juste « tu peux venir me chercher ? Je suis sur la route. »
Will mit une dizaine de minutes avant d'arriver, cela avait laissé le temps à Tom de réfléchir s'il devait garder ou non cette photo et lorsque la voiture s'arrêta à son niveau, il referma son téléphone. Il monta dans le véhicule en se frottant les épaules pour se réchauffer et Will monta un peu le chauffage.
Will : Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Tom : Rien.
Will : Tu sais.. Franchement t'es mon type, mais je veux pas d'emmerdes.
Tom : Tu n'en auras pas, t'inquiètes pas.
Will : Ok. Tu veux aller où ?
Tom : Chez toi.
Will : Sûr ?
Tom : Arrêtes c'est bon c'est pas ma première fois.
Will ne répondit pas, il en crevait d'envie de toute façon et avait suffisamment joué son rôle de grande personne convenable, il voulait juste s'amuser un peu maintenant et passer du bon temps.
Arrivé dans le petit appartement, le brun dit à son invité de faire comme chez lui et Tom retira son tee-shirt.
Tom : La chambre ?
Will : T'y va pas par quatre chemins toi.
Tom : Pour quoi faire ?
Will : Au fond à droite.
Tom se dirigea vers le lieu indiqué et ouvrit la porte. C'était une petit chambre toute simple ; le jeune homme vivait seul, ou peut-être avec une petite amie vu les quelques affaires suspectes dans l'appartement, mais Tom s'en fichait royalement, ce n'était pas son couple qui était en jeu après tout.
Le dreadé enleva ses chaussures sans même les défaire, juste avec ses pieds. Puis commença à défaire sa ceinture. Il regarda Will, appuyé contre l'embrasure de la porte. Il le fixait, les bras croisés sur le torse.
Tom : Tu te déshabilles pas ?
Will : Après... Tu es beau, et bien foutu.
Tom : Merci.
Tom était nu et s'installa sur le lit, une jambe légèrement relevée, mais les deux outrageusement écartées. Il se mordit la lèvre et se mit à jouer avec son piercing. Il n'était absolument pas stressé, ou paniqué, ou quoi que ce soit, il en avait juste l'habitude.
Le brun le regardait avec envie et retira ses vêtements, puis se rapprocha de lui. Il se tint debout devant lui quelques secondes, le temps de se juger peut-être et de se dévorer du regard sûrement. Will monta sur le lit à quatre pattes et commença directement à embrasser le corps de Tom, le lécher et le mordiller, le griffer et le caresser.
Tom se doutait que cette partie de sexe allait être torride, intense et sûrement brutale. C'était souvent le cas des personnes qu'il rencontrait comme ça et qu'il suivait directement. Ces gens là ne cherchaient pas une histoire d'amour, juste une histoire de fesses... Et il se trouvait que Tom aussi.
Il s'allongea complètement en sentant une langue sur son gland, lécher doucement, jouer avec et le prendre légèrement en bouche, juste de quoi le faire gémir et le frustrer. Les ongles de Will passaient sur sa peau et faisaient naître des frissons. Il passait des caresses aux griffures et enfonçait même de temps en temps ses doigts dans sa chaire... délicatement.
Will était doux et cela gênait un peu Tom, il n'avait pas l'habitude et ne savait plus trop quoi faire. Il rejeta sa tête en arrière lorsque le brun le prit totalement en bouche, d'un mouvement brusque et inattendu et il serra ses doigts contre les draps. Au bout de quelques minutes, Tom en voulait plus.
Tom : Viens.
Will : Non.
Le plus jeune se redressa complètement et regarda Will dans les yeux.
Tom : Pardon ?
Will : T'es mineur et je veux pas avoir tes parents sur le dos.
Tom : Arrêtes tes conneries merde et viens.
Will faisait « non » de la tête et Tom commençait à s'énerver, il n'aimait pas être laissé en plan comme ça et lorsque Will se pencha de nouveau sur son son sexe, Tom le repoussa. Leurs yeux se croisèrent et le brun en eu des frissons dans le dos, Tom le défiait du regard, c'était certain.
Tom : Ok, alors ne viens pas... Si tu peux.
Will se retrouvait à genoux devant Tom et celui-ci lécha ses doigts, sensuellement, sexuellement, puis passa ses mains sur son corps, descendant toujours plus bas jusqu'à se placer devant son intimité. Depuis le début, le dreadé n'avait pas baissé les yeux et Will, lui, n'avait pas lâché sa main du regard.
Tom enfonça un doigt en lui et le brun déglutit péniblement, un deuxième et Will jura, un troisième et il avança la main. Tom haletait et se cambrait, se mordait la lèvre, mais ne fermait pas les yeux pour autant.
Il repoussa presque violemment la main qui allait venir caresser son sexe et dit, la voix remplie d'envie, de désir et de plaisir.
Tom : Si c'est pas pour... Me baiser, c'est pas la... Peine.
Pour toute réponse, Will jura de nouveau, pas fort, juste à lui-même un « putain » et retira la main de Tom pour venir s'insinuer en lui d'un coup sec et profond. Tom cria presque sous le choc, douleur ? Plaisir ? Peu importe. Maintenant il pouvait se maudir pour ses sentiments, maintenant il pouvait se détester d'aimer son père et l'homme qui lui ressemblait lui faisait mal et c'était bon.
Une punition ? Oui, peut-être...
