« Retour au blog de yayayaoi

Tom, tu es tout pour moi. Ch. 4

Tom, tu es tout pour moi. Ch. 4
Les filles, je sais vraiment plus dire pour tous ces comms plus gentils les uns que les autres, vraiment vous me gâtez... Et j'aime ça =))

Pour vous remerciez... Aujourd'hui y aura deux chapitres 8D


Ch. 4

Bill avait fait preuve d'une autorité soudaine et cela avait un peu choqué son fils, n'en n'ayant plus vraiment l'habitude. Tom avait dégluti péniblement et attendait, ni l'un, ni l'autre n'osant entamer la conversation. Le sujet était pire que délicat et Bill ne voulait surtout pas brusquer le jeune homme.

Bill : Écoute Tom...

Le brun parlait d'une voix douce et chaleureuse, ne faisant aucun mouvement brusque et n'osant à peine regarder son enfant... Pas qu'il avait honte des sentiments de Tom, mais sans mentir, cela le gênait un peu. Comment accepter aussi soudainement une telle révélation ? Cependant le blond ne le laissa pas finir sa phrase, lui coupant la parole et parla tout en se levant.

Tom : Non, je sais très bien tout ce que tu vas me dire... Que je me trompe... Mais j'y ai déjà pensé depuis longtemps, c'est pas d'hier que... Je ressens tout ça. Je sais que c'est nul, mais je n'y peux rien et crois-moi, j'aurais préféré mille fois aimer une vieille ou même un mec quelconque plutôt que mon propre père, mais c'est comme ça. Je sais que je te dégoûte et rassure toi, je me dégoûte également. Tu n'as pas besoin d'essayer de faire le psy ou de te montrer compréhensif, c'est pas la peine, j'ai dépassé ce cap depuis un moment. Tout à l'heure j'ai craqué, mais ça n'arrivera plus... Tu n'as pas à t'en faire pour ça. Je sais parfaitement que tu ne m'aimeras jamais comme ça, tu n'as pas à essayer de m'expliquer, je l'ai déjà compris.

Tout le long de sa tirade, le dreadé n'avait pas relevé la tête, préférant regarder ses pieds ou les arbres au loin plutôt que la personne qu'il avait devant lui. Faire face était juste trop dur... Il n'y arrivait pas. Il aurait espéré au fond de lui un geste de son père, au moins pour lui montrer qu'il ne lui en voulait pas, que, comme il le jurait depuis des années, quoi qu'il arrive il serait là... Mais il ne lui laissa le temps de rien et partit précipitamment dans sa chambre.

Bill était resté bouche bée. Son fils n'était plus un enfant, loin de là, mais commençait la vie du côté le plus difficile. Il ne savait absolument pas comment réagir face à l'aveu qu'il avait entendu, la déclaration qu'il venait de recevoir... Il aurait aimé le prendre dans ses bras, mais ignorait l'interprétation qu'aurait pu donner Tom à ce geste. Il ne voulait pas lui donner de faux espoirs, mais ne voulait pas non plus le blesser davantage. Il ne voulait pas le laisser espérer, mais ne voulait pas lui interdire d'aimer, même si cela devait être lui... Il était complètement perdu...

Que faire dans une telle situation ?

Jamais il n'avait lu de telles histoires, ou même entendu parler de choses similaires. Il n'avait aucun savoir dans ce domaine et l'amour était un sujet assez lointain pour lui... Alors l'inceste...

Il resta une bonne partie de la nuit assis sur cette marche à penser. Lorsqu'il commença à tomber de sommeil, il se décida enfin à regagner son lit. Il ne prit même pas la peine de se déshabiller, se faufilant ainsi sous les couvertures pour se réchauffer.

Il fut réveillé le matin par les rayons de soleil sur son visage et se flagella mentalement de ne pas avoir fermé les volets en se couchant. Il se tourna plusieurs fois dans son lit et essaya même de se rendormir en ramenant la couette sur son visage, mais décidément, il avait l'esprit trop occupé pour pouvoir retourner dans les bras de Morphée.

Il se leva et descendit les marches de l'escalier un peu à l'aveuglette, les yeux finement plissés à cause de la lumière qui l'éblouissait encore. Il passa devant le salon pour se rendre dans la cuisine, mais là, par la porte fenêtre ouverte, il pouvait voir Tom en train de déjeuner. Il hésita quelques secondes avant de s'avancer vers la terrasse et de s'asseoir à ses côtés. Bill ne put s'empêcher de sourire... Des années qu'il n'avait pas vu son fils ainsi, les dreads retombantes sur ses épaules et habillé d'un simple survêtement.

Bill : Bonjour.
Tom : 'Lut.

Le dreadé ne savait où regarder tellement il était mal à l'aise. Ses yeux était passés de son père à son chien en passant par tout un tas de choses, pour finalement se poser sur son chocolat fumant.

Bill : Elles ont poussées.
Tom : Quoi ?
Bill : Tes dreads. Elles sont longues et belles. Tu les entretiens bien.
Tom : J'essaie.
Bill : Merci d'avoir préparé le petit dej'.
Tom : Hm.
Bill : Tom, Je...
Tom : Non, s'te plait. J'aimerais qu'on ne reparle pas de tout ça. Je sais plus vraiment ce que j'ai pu dire hier soir, j'étais pas très frais, mais je veux pas revenir là-dessus.
Bill : Très bien. Si tu veux, mais est-ce que tu penses que ce serait possible de retrouver une relation normale entre nous, enfin je veux dire, moins tendue et conflictuelle que ce que ça a été depuis quatre ans ?
Tom : J'en sais rien, c'est... Pas facile pour moi.
Bill : Hm. Je comprends.

La fin du déjeuner se déroula tranquillement, sans trop se parler, mais au moins ils étaient ensemble, ne criaient pas et ne se faisaient pas la gueule. C'était déjà un bon début, non ?

- - - -

Les journées passaient, toutes semblables. Tom restait dans sa chambre, préférant ne pas trop croiser son père qui, lui, tournait en rond dans la maison. L'atmosphère était nettement plus calme que tout ce qu'ils avaient connu depuis longtemps. Malgré le malaise ambiant, Tom semblait plus serein, sûrement soulagé finalement que Bill sache la vérité au sujet de ses sentiments.

Il avait angoissé, stressé, flippé, enfin tout ce que voulez, mais Bill avait simplement bien pris la chose. Bien sûr il ne lui avait pas sauté dans les bras, mais il ne l'avait pas rejeté, il ne le regardait pas avec un air de dégoût sur le visage, il ne l'ignorait pas... Non, rien de tout ce que Tom avait redouté ne s'était produit.

Cependant, il n'osait toujours pas l'affronter. Le regarder en face était encore trop dur et sentir ses yeux sur lui le faisait frémir encore plus que d'habitude... Il devait laisser le temps faire les choses.
Contre toute attente, pour que ses journées soient moins longues, il avait commencé les cours que son père avait commandé sur internet. Il n'avait pas beaucoup de lacunes malgré les mois passés dans la rue à traîner et les leçons s'enchaînaient rapidement.

- - - -

Cela faisant maintenant une semaine qu'ils ne se croisaient qu'à peine dans la maison et ne se parlaient pas plus. Bill commençait à encaisser la nouvelle et même à s'y faire. Il comprenait à présent pourquoi Tom ne supportait plus l'évocation de sa mère... Il en était simplement jaloux. Il comprenait que depuis quatre ans, son fils avait souffert en silence, en se méprisant d'avoir de tels sentiments honteux et malsains.

Bill se détestait... Il aurait du voir, sentir le malaise de Tom, comprendre ce qui se passait et l'empêcher. Il aurait du se rendre compte que son fils ne le regardait plus pareil. Il aurait du pouvoir stopper l'évolution de cet amour... Mais il n'avait rien vu et Tom s'était enfoncé chaque jour davantage dans son malheur, ne pouvant le partager avec personne, ne pouvant le fuir, ne pouvant l'oublier.

Bill s'était longuement remis en question, finissant sur la conclusion qu'il avait complètement merdé dans son rôle de père, mais il comptait se rattraper...

Il monta les escaliers et frappa contre la porte de Tom... Qui ne répondit pas. En rentrant dans la pièce, Bill pouvait voir son fils allongé de tout son long sur le lit, encore sous la couette, laissant apercevoir ses épaules et le haut de son torse dénudé, les mains derrière la tête et la musique à fond dans ses tympans... Pas étonnant qu'il n'ai pas entendu frapper.

La pièce n'était pas vraiment sombre, juste de fins rideaux empêchaient le soleil de rentrer complètement dans la chambre. Le jeune homme ne dormait pas, il battait le rythme de la musique avec son pied, entrainant la couverture dans son tempo. Bill pouvait même l'entendre faiblement fredonner et se pinça les lèvres pour s'empêcher de sourire trop béatement.

Il s'approcha du lit doucement et s'assit dessus, son propriétaire ne s'en aperçu même pas, sûrement trop pris dans sa musique. Par contre, il sursauta violemment en sentant une main sur son épaule et s'assit dans son lit tout en tenant fermement les draps contre lui.

Bill leva les bras au ciel en s'excusant. Il n'avait pas voulu lui faire peur, mais n'avait pas imaginé une telle réaction de sa part. Il avait l'air complètement paniqué et se calmait difficilement. Le brun se voulait doux et rassurant mais n'arrivait pas à apaiser les peurs de son fils. Il fallu quelques longues minutes à celui-ci pour enfin reprendre le dessus.

Il était là, assis dans son lit, les genoux repliés contre sa poitrine et les mains cachant ses yeux. Il ne pleurait pas, mais semblait vouloir s'empêcher de voir ses démons... Comme ci de rien était, il retira ses doigts et regarda son père.

Tom : Qu'est-ce tu voulais ?
Bill : Je... Heu, je voulais te demander un truc.

Tom portait vraiment à merveille le masque de l'indifférence, comme si rien ne s'était passé, il parlait à son père, semblant ne même pas s'en souvenir.

Bill : ... Mais qu'est-ce qui vient de se passer là ? C'était quoi cette réaction ? Tu as peur de quoi comme ça ? Dis-moi.
Tom : Non !

Son ton était ferme et sans appel, froid et glacial. Est-ce que Bill pouvait réellement laisser passer cela aussi facilement ? Quelques chose de terrible avait du se produire pour qu'il soit à ce point paniqué par un simple contact... Et encore une fois, Bill n'avait rien vu, encore une fois Bill était passé à côté, encore une fois il n'avait pas compris quelque chose. Comment avait-il fait pour passer à côté de tout ça ?

Tom faisait inlassablement le même même mouvement de la tête « non ». Il ne dirait rien, il ne le voulait pas, il ne le pouvait sûrement pas. Bill avait fait un geste pour le prendre dans ses bras, mais Tom l'avait arrêté, stoppant le mouvement en plein élan d'un revers de la main... Violent, plus qu'il ne l'avait voulu, mais il ne pouvait faire autrement, c'était plus fort que lui.

Les souvenirs étaient remontés à la surface beaucoup trop vite, trop nombreux, trop brûlants et trop sanglants. Il avait essayé de tout oublier, mais avec le temps il avait compris... C'était impossible. Sa vie avait été marquée au fer rouge. Sa haine et sa rage l'assaillant contre sa volonté. Il se sentait de nouveau dériver, passer du mauvais côté, engloutit par la peur et sa colère.

Son corps était parcouru de tremblements et de frissons et Bill sentait ses yeux se remplir de larmes inexorablement. Ne pouvait-il vraiment plus rien ? Malgré le rejet de son fils, il le prit dans ses bras. Malgré les coups de son fils, il resserra son emprise sur son corps. Malgré les injures de son fils, seuls des mots doux et réconfortants sortaient de sa bouche.

Tom était complètement à bout, Bill ne l'écoutait plus et ne le lâchait pas plus. Avant, c'était tellement facile de l'éloigner, pourquoi n'y arrivait-il plus ? Pourquoi tous ses remparts cédaient les uns après les autres ? Pourquoi ses sentiments décidaient-ils de le trahir de la sorte ? Pourquoi maintenant ?

Tom : Je t'en supplie... Arrête.
Bill : Non Tom, je veux pas te perdre, pas encore. Je veux plus te laisser seul et te voir souffrir. Je t'en prie, aies confiance en moi...
Tom : Je peux pas, je veux pas. Tout ça... C'est le passé.
Bill : Non, rien n'est fini pour toi, je le vois bien, cela te tourmente, alors je ne te lâcherais pas. Je ne referais pas les mêmes erreurs. Parle-moi.
Tom : ... Laisses-moi le temps, s'il te plait.

Tom ne se débattait plus, il avait laissé tomber les armes. Il lui en parlerait... Un jour. C'était comme une promesse entre eux, bien plus forte que des mots, un regard plus intense que n'importe quelle parole.

Tom : Tu étais venu pour quoi ?

Tom ne se détachait pas de l'emprise de son père pourtant moins forte. Celui-ci sentait qu'il devait s'éloigner, que son fils ne ressentait pas cette étreinte de la même façon, qu'il en profitait plus que de raison, mais il ne pouvait pas s'y résoudre. Il ne savait toujours pas comment le repousser et ce contact était au moins autant apprécié par l'un que par l'autre, certes différemment, mais qui est-ce que cela pouvait bien gêner finalement ?

Bill se crispa un peu en sentant un bras de son fils passer dans son dos pour l'étreindre à son tour, doucement, tremblant, hésitant, mais le brun ne bougea pas. Il voulait croire qu'ils pouvaient encore être un père et son fils... Illusion ?

La main, lentement, remontait le long de sa colonne jusqu'à effleurer les longs cheveux lisses du brun, jouant timidement avec du bout des doigts... Il devait l'arrêter.

Tom s'en voulait, ne voulait pas céder à ses envies, mais c'était incontrôlable. Il avait eu tellement de mal à s'écarter ainsi de lui... Lui qu'il aimait plus que tout, lui qu'il considérait bien plus que son père, comme le seul qu'il aimait sincèrement. Il se shootait de son l'odeur, douce et enivrante, sucrée et épicée à la fois. Il perdait les pédales...

Bill sentit le souffle de Tom dans son cou et son nez frotter contre sa peau... Il devait l'arrêter.

Le c½ur du blond battait à tout rompre, il ne voulait pas... Mais ne cessait pas. Il n'en pouvait plus de se retenir, il n'arrivait plus à se maîtriser. Il avait mit des barrières entre eux, dressé des barricades, érigé des miradors aux quatre coins de son c½ur. Cela faisait tellement longtemps qu'il luttait pour tout noyer au fond de lui et un simple contact réduisait tous ses efforts en miettes.

En sentant les lèvres chaudes de son fils le dévorer et ses dents mordre délicatement son oreille, il frissonna... Mais l'arrêta.

Tom n'y croyait plus depuis longtemps et Bill venait de le découvrir... C'était un rêve, une douce utopie de penser qu'ils pouvaient encore être une famille.


# Posté le jeudi 25 septembre 2008 03:36

« Article précédent : Tom, tu es tout pour moi. Ch. 3

Article suivant : Tom, tu es tout pour moi. Ch. 5 »