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Solitude Ch.12

Solitude Ch.12
Ch.12

Tom reprit lentement ses esprits pendant que Bill lui embrassait tendrement le visage et le cou, parcourant de ses mains son torse recouvert de son long tee-shirt. Une petite mimique de douleur... Un « pardon » dans un souffle... Le blond gardait les yeux fermés, pensant peut-être sauver ces quelques minutes de bonheur intactes dans son esprit. Il enlaça entre ses doigts les longs cheveux brun de son petit ami et déposa sur ses lèvres un baiser emplit de tendresse et d'amour. Baiser qui resta en surface, mais qui signifiait tellement pour eux.

Tom regarda l'heure et, dans un murmure triste, parla à Bill.

Tom : Je suis désolé, mais...
Bill : J'ai compris t'inquiète. On se voit demain.

Le brun souriait, il savait que le moment avait été court, mais qu'il leur avait permit de franchir une étape... Et apporté beaucoup à tous les deux... Une nouvelle intimité... Une nouvelle complicité...

Tom ne cessait de s'excuser, il était vraiment mal de demander à Bill de partir, surtout après ce qui venait de se passer entre eux... Mais il n'avait pas le choix et l'androgyne l'avait très bien comprit. Le brun se leva et ramassa ses affaires, regardant du coin de l'oeil Tom se rhabiller, les pommettes encore rouges de leur amour partagé.

En une fraction de seconde tout fut pourtant bouleversé. Une porte qui claque. Des pas dans l'escalier... Rapides. Une voix... Furieuse. Et le cocon douillet qu'ils venaient de se créer qui éclate en mille morceaux lorsque la porte de la chambre s'ouvre à la volée.

Bill : Je... Bonjour.

Un regard haineux sur Tom avant d'afficher un masque si bien travaillé.

Estelle : Bonjour Bill, Tom ne m'avait pas dit que tu devais venir.
Bill : C'était pas prévu, je me suis un peu incrusté on va dire.

Bill savait qu'il valait mieux mentir. Il comprit ce qui l'avait choqué sur les photos... Le sourire d'Estelle n'avait plus rien de sincère. Il était froid et distant. Il était faux et usé.

Tom : Il allait partir.

La voix de Tom tremblait, une peur incontrôlée et trop grande pour être cachée.

Bill : Oui, c'est vrai. Désolé de vous avoir dérangé madame...
Estelle : Estelle, je t'ai dit.
Bill : Oui, c'est vrai pardon. Au revoir... Tom tu me raccompagnes ste plait ?

Tom resta là, pétrifié sur place. Son regard perdu sur le sol de sa chambre, n'entendant même plus ce qu'il se racontait autour de lui tellement les battements de son coeur pulsaient partout dans son corps.
Estelle : Tom.

Il sursauta en levant les yeux sur sa mère qui avait parlé sèchement.

Estelle : Qu'est-ce que tu attends ? Il t'attend.
Tom : Oui.

Et Tom sortit de la pièce en attrapant au passage la main de Bill. Il courrait presque dans les escaliers, manquant de faire tomber Bill derrière lui. Ils s'arrêtèrent devant la porte d'entrée tenue grande ouverte par le blond.

Bill : ... Je... Ca va aller ?
Tom : Oui oui t'inquiète, à demain.

Déjà, Tom refermait presque sur le brun la porte, mais Bill résistait.

Bill : Viens chez moi.
Tom : Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?
Bill : Ne reste pas là, s'il te plait, viens chez moi. Je t'en prie.
Tom : Arrête. C'est chez moi ici...
Bill : Il va t'arriver quelque chose, n'est-ce pas ?

Tom écarquilla les yeux en regardant derrière lui pour être sûr que personne ne s'y trouvait. Il était inquiet que ce que Bill venait de dire soit entendu.

Le blond attrapa la nuque de Bill et le tira vers lui, déposant un chaste baiser sur sa bouche avant de le repousser.

Tom : Pas de question. T'as promit.

Et il referma la porte pour de bon, laissant Bill complètement perdu derrière celle-ci. Que pouvait-il faire ? Avait-il bien comprit tout ce qui venait de se passer ?

Il n'avait pas nié.

Il courut dans sa maison et s'enferma directement dans sa chambre. Là, il jeta son sac dans un coin et commença à tourner en rond, puis il se stoppa devant sa fenêtre. Le ciel était dégagé, sans aucun nuage et le soleil brillant encore de ses derniers rayons avant de disparaître derrière les toitures. Son regard atterrit bien-sûr dans la chambre de Tom. Sa mère y était toujours, debout, les bras croisés et attendant de pied ferme. Bill vit la porte s'ouvrir et le blond rentrer, refermant derrière lui la porte et s'y collant, les mains toujours sur la poignée.

Un geste... Un bruit... Une tête qui part... Des cris... Des hurlements... Une seule voix... Féminine.

Tom ne faisait rien, encaissant tous les coups, tous plus violent les uns que les autres. Jusqu'à ce qu'enfin, son cri retentisse... Un cri de douleur... Tom a genoux par terre, se tenant les côtes et sa mère qui enfin s'arrêta. Elle vint s'accroupir à ses côtés et lui dit quelque chose à l'oreille avant de sortir de la pièce.

Bill avait tout vu sans pouvoir intervenir. Elle l'avait giflé, frappé avec tout ce qu'elle avait trouvé avant de lui asséner un violent coup, à l'aide d'une chaise, sur les côtes.

Le brun pleurait, sûrement suffisamment pour deux puisqu'aucune larme ne coulait des yeux de Tom. Lorsque celui-ci releva les yeux et croisa ceux de Bill, ils n'exprimaient absolument rien, plus de peur, plus de tristesse, même pas de haine... Non, rien. Le blond se releva difficilement et se rapprocha de sa fenêtre avant de fermer les rideaux, lentement, se retenant de grimacer de douleur.

Bill ne dormit pas de la nuit, ne descendit même pas manger et ne sortit de sa chambre que pour aller à la salle de bain. Il ne répondit pas à ses parents lorsque ceux-ci lui demandèrent ce qu'il se passait. Il n'ouvrit pas à sa petite soeur lorsque celle-ci frappa à sa porte pour jouer avec lui. Il n'alluma pas son ordinateur pour parler avec ses amis. Il resta juste là, allongé sur son lit, recroquevillé sur lui-même à pleurer... Toute la nuit et le samedi matin. Il n'avait plus de larmes, mais son coeur ne voulait pas refermer la blessure par laquelle elles étaient sorties... Et il avait mal, pour Tom.

Il se leva d'un coup de son lit, manquant de perdre l'équilibre à cause du vertige que cela lui provoqua et se précipita dans la salle de bain. Il prit sa douche et se prépara à une vitesse folle. Dévala les escaliers, enfila ses chaussures et une veste. Ses parents restèrent bouche bée devant ce spectacle et n'eurent pas le temps de prononcer un seul mot avant que Bill ne sorte de la maison en courant.

Il n'allait pas bien loin, juste la maison d'en face, mais ce chemin lui sembla le plus pénible qu'il n'avait jamais parcourut. Sa main trembla lorsque son doigt appuya sur la sonnette. Son corps frissonna lorsqu'il entendit les pas se rapprocher de la porte. Son coeur s'arrêta lorsqu'il apperçu Estelle se tenir debout devant lui.

Il se para de son plus beau sourire et comme si de rien était commença à parler avec elle, mais tout son corps avait envie de vomir ce qu'il voyait. Cette femme... Il la haïssait de tout son être.

Bill : Est-ce qu'il serait possible que Tom vienne manger à la maison ? Ca fait un moment que je voulais l'inviter, mais il refuse toujours et en plus on a un devoir en binôme à rendre lundi, on aurait pu bosser un peu dessus.
Estelle : Je... Je sais pas trop.
Bill : S'il vous plait. Mes parents ont déjà tout préparé en plus. Ils seraient déçus s'il ne venait pas.

Bill était en train de jouer toutes ses cartes, le sourire, les petits yeux de chiens battu... Tout y passait pour qu'elle accepte.

Estelle : Bon, ok. Il arrive d'ici 10 minutes.

Non, non pas ça. Tout, mais pas le laisser seul avec elle. Trouver un moyen pour l'aider, pour qu'il sorte de cette maison.

Bill : Je vais le chercher, d'accord !?
Estelle : Attends...

Mais déjà il s'engouffrait dans les escaliers, les montant quatre à quatre, laissant Estelle sur le pas de la porte. Il frappa à la porte et n'attendit aucune réponse pour rentrer.

Tom était là, allongé sur son lit. Il sursauta en entendant la porte s'ouvrir brusquement. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant Bill.

Bill : Aller lèves toi, tu viens manger à la maison ce midi.

Bill se rapprocha de lui, lentement, découvrant au fur et à mesure l'ampleur des dégâts.

Tom : Qu'est-ce que tu fais là ?
Bill : Je te l'ai dit. Tu viens avec moi.
Tom : Non, je...
Bill : t'inquiètes, j'ai vu ta mère et lui ai parlé.

Tom se contracta à ses mots.

Bill : Non, juste pour que tu viennes ce midi, t'inquiètes pas. Aller, lèves toi doucement, t'as pas trop mal ?

La tête de Tom suffit à lui répondre. Il l'aida comme il put à marcher et descendre les escaliers. Le lâchant pour qu'il passe seul devant sa mère, sans soutiens physique, mais Bill était là, juste à côté, entre le blond et sa mère, cachant un peu Tom et montrant à cette femme un sourire facette comme elle faisait si bien.

Bill : Merci madame, je vous le ramène plus tard.

Et il ferma la porte sans que celle-ci ne put répondre quoi que ce soit.

# Posté le dimanche 03 août 2008 09:31

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