Les langues se mêlaient en une danse sensuelle et envoûtante. Ils avaient chauds... Très chauds même. Ils s'embrassaient passionnément, ne sentant qu'à peine le vent frait sur leurs visages brûlant. Les mains de Bill caressaient doucement les dreads du blond, effleurant de temps à autre la peau de son cou. Les frissons courraient sur le corps de Tom... Et il aimait ça. Les doigts fins du brun exploraient maintenant l'épaule, le bras, le poignet...
Tom se raidit brusquement et stoppa la main baladeuse de Bill qui tentait de s'immisçer sous son tee-shirt. Ils se regarèrent dans les yeux, la respiration rapide et les regards reflètant la même étincelle de désir. Le blond retenait toujours la main à hauteur de son pantalon, lui interdisant tous passages.
Le rêve était brisé, la réalité surgissait de nulle part, reprenant ses droits et imposant ses règles.
Bill : J'ai pas le droit ? Juste le torse ?
Tom : Non.
Bill : Ok... Désolé.
Tom s'assit en réajustant ses habits et sa casquette.
Tom : On devrait y aller.
Bill : Tu... Regrettes ?
Tom : Non... Faut juste qu'on y aille avant qu'il pleuve.
Bill jeta un coup d'oeil sur le ciel qui devenait de plus en plus menaçant et repensa à leur conversation... Il faisait pourtant si beau ce matin...
Ils avaient bien du mal à redescendre de leur petit nuage, enfin surtout Bill, il faut bien l'avouer, repensant sans cesse aux lèvres de Tom sur les siennes, à la main de Tom sur sa peau, au souffle de Tom... Enfin bref, tout avait été parfait... Et trop court. Il regardait le blond marcher à quelques pas devant lui, détaillant ce corps qu'il ne parvenait qu'à imaginer sous ces habits trop larges... Et il l'imaginait parfait.
Il se décida enfin à se relever lorsque la première goutte d'eau attérit sur le bout de son nez. Le temps devait être capricieux aujourd'hui, car déjà la pluie commençait à devenir plus violente. Bill rattrappa bien vite le blond, il riait. Il le prit par la main pour courir, mais Tom n'accéléra pas le mouvement.
Bill : Viens !! Qu'est-ce que tu fabriques ? On va être trempés.
Tom : Vas-y toi, je te rejoins.
Bill : Tu... Tu veux pas courir ?
Tom : Non.
Bill : Ok... Alors on serra trempés. Si ça peu me permettre de te tenir la main encore un peu...
Tom le regarda surprit. Bill était à ses côtés et ne comptait vraisemblablement pas le laisser. L'eau glissait sur ses cheveux qui se collaient le long de son visage. Sa main ressera son étreinte de peur que Tom ne reprenne la sienne, mais au lieu de cela, il entrelaça leurs doigts.
Bill ne put empêcher un frisson de remonter tout le long de sa colone tellement ce contact lui sembla intense... Ce n'était pourtant pas grand chose, mais tellement en même temps. Son sourire déformait sa bouche, envahissant tout son visage, emplissait tout son coeur et le rendait beau.
Seulement trois jours qu'ils se connaissaient et déjà ce simple geste représentait la concrétisation de quelque chose... De leur relation ? Le blond retira sa casquette et la vissa sur la tête du brun. Ce dernier le dévisagea presque sous l'étonnement.
Bill : Pourquoi ?
Tom : Ton maquillage ne coulera pas au moins.
Bill lui fit un sourire digne d'un ange et lui murmura un « merci ». Ils marchaient sous la pluie, ils étaient mouillés jusqu'aux os, ils avaient froids et Bill était heureux.
Tom ne savait plus quoi penser... Il était bien avec lui, même très bien.... Il arrivait à parler avec lui, plus qu'avec quiconque depuis ces huit dernières années... Il arrivait à être lui-même... Il arrivait à oublier... Au moins un petit peu...
Peut-être avait-il même des sentiments pour lui, mais comment le savoir lorsqu'on ne sait plus le sens de ce mot ? Aimer... Est-ce que c'est un sentiment naturel ? Est-ce que c'est inné ? Est-ce que ça vient tout seul ? Est-ce que l'on peut oublier comment on fait ? Est-ce que l'on peut aimer après avoir été si longtemps haït ?
Ils se rapprochaient du lycée, les mains toujours solidement jointes, ne décrochant pas un seul mot, se laissant réchauffer par cet unique contact. Avant de pénétrer à l'intérieur Bill s'arrêta, poussant Tom à en faire de même.
Bill : Est-ce que... Enfin... Est-ce qu'on est ensemble ?
Bill était rouge de confussion. C'était la première fois qu'il posait ce genre de question et à cet instant, c'est lui-même qui n'osait plus affronter le regard de Tom. Le sol était tellement moins terrorisant...
Tom : ... J'en sais rien.
La main du brun se crispa dans celle de Tom contre son gré, avant de vouloir la retirer en bafouillant quelques mots.
Bill : Ce... C'est pas grave... Je comprends... Tu... Tu veux pas... C'est...
Les larmes montaient aux yeux de Bill et menaçaient de couler. Tom resserra sa main et rapprocha le brun de lui. Leurs corps ne se touchaient pas. Ils étaient juste là, face à face, ne s'effleurant qu'à peine, leurs fronts posés l'un contre l'autre. L'autre main du blond vint se blotire dans son cou et carressa doucement de son pouce la joue de Bill.
Tom : C'est pas que je veux pas... Juste que je sais pas ce que c'est d'être avec quelqu'un... Comment faire... Comment être... Et si je suis vraiment celui qu'il te faut. Je pense sincèrement que tu ne sais pas toi même...
Bill pleura, mais de joie. Il releva la tête et déposa doucement ses lèvres sur celles de Tom. Un léger contact, mais tellement tendre.
Bill : Laisse moi juger tout seul si tu es celui qu'il me faut. Ok ?
Tom : A quoi ça a servit que je te prête ma casquette ? Tom maquillage est mort.
Bill : M'en fou et ta casquette je la garde.
Bill était tellement heureux que Tom ne put s'empêcher de sourire également... Oui, Le brun aurait pu s'en pêter la mâchoire tellement il était heureux... Et de voir le visage de Tom pour une fois joyeux n'arrangeait pas les choses.
Bill : On est ensemble alors ?
Tom : Tu ne me poseras pas de questions ? Tu n'essaieras pas de tout savoir ?
Bill : Promis... J'essaierais en tout cas.
Tom : Alors on est ensemble.
Bill déposa ses lèvres sur celles de Tom, souriant dans ce baiser. Jamais un début de relation, un début de quoi que se soit en fait, ne l'avait rendu comme ça.
Bill : On nous regarde.
Tom regarda distraitement autour d'eux et effectivement quelques élèves avaient arrêté de parler et même de marcher pour regarder le spectacle et peut-être avoir un nouveau scoop à se mettre sous la dent. Remarque, les choses étaient assez claires... Ils se tenaient la main... Ils étaient presque collés... Et... Et tom posa ses lèvres sur celles de Bill...
Tom : Ils auront de quoi parler maintenant..
Bill était sur un nuage, il volait à mille lieu de cet endroit froid et humide. Son coeur gonflé de bonheur ne laissait aucune place dans sa poitrine. Il était totalement submergé par cette joie... Innondé par ce sentiment si doux...
Ou peut-être était-ce le baiser qui s'éternisait qui lui faisait cet effet. Il sentait les mains fraiches de Tom sur son cou, ses pouces caressant ses joues et essuyant les larmes qui avaient coulées. Sa langue dans sa bouche, son souffle chaud sur sa peau, son corps contre le sien... Il sentait l'excitation monter et il lui était impossible de lutter contre, elle était trop présente, trop forte. Ses doigts était crispés sur le tee-shirt mouillé de Tom, faisant blanchir ses jointures.
Ils se séparèrent et front contre front, essayèrent de reprendre une respiration normale. Tom regardait par terre, se mordant la lèvre.
Tom : C'est pas bon.
Bill : Quoi ?
Tom : Je bande comme un malade.
Bill ria aux éclats. Un rire si doux aux oreilles du blond... Le brun colla son bassin et souffla dans son cou « t'es pas le seul » avant de lui lancer un regard... Moitié pervers, moitié compatissant.
C'est Georg qui les interrompit d'un raclement de gorge on ne peu moins... Indiscret. Le nouveau couple se retourna et comprit vite que c'était toute la petite bande qui les regardait... Et également une bonne partie du lycée, ceux noté absent auraient de toute façon un résumé des plus détaillé par ceux qui avaient tout vu. Au moins ils n'auraient pas à faire d'annonce officielle, le message était passé de manière très clair.
