Ch.6
Tom partit précipitamment, sans se retourner, sentant sur lui le regard brûlant du brun, brillant sûrement d'une flamme incandescente, réchauffant chaque zone où ses yeux se posaient. Le dreadé souffla un coup pour évacuer la tension qui s'était accumulée partout dans son corps. Seulement un détail non négligeable l'empêchait de retourner en cours... Son entrejambe clairement réveillée.
Il se dirigea vers les toilettes pour se passer de l'eau fraiche sur le visage. Jamais il n'avait échangé un baiser si passionné, si intense... Et cela le perturbait. Il avait réussit à faire preuve d'un brin de lucidité pour repousser Bill, il aurait pu se perdre dans cette étreinte, ce contact, cette chaleur. Peut-être la peur avait-elle parlé pour lui ? Peur de l'inconnu...
Maintenant il était au moins sûr d'une chose... Bill l'attirait. Oui, c'était à présent une évidence.
D'ailleurs ce dernier, qui était dans le même état que le blond, mit quelques minutes avant de pouvoir se décoller du mur pourtant moins confortable depuis qu'il était seul. Il marcha d'un pas lent pour enfin se retrouver devant la salle de cours, pile en même temps que Tom. C'est le brun qui frappa contre la porte et rentra dès que le professeur leur en donna l'autorisation. Manque de chance flagrant... C'était le même prof que leur précédent retard...
Prof : Je ne veux même pas d'excuses. Vous allez tous les deux me chercher un justificatif.
Bill se retourna, pas plus gêné que ça. La seule pensée qu'il eut fût « c'est plus rapide que l'année dernière, j'avais mis une semaine avant le premier mot ». Cependant, il resta bloqué devant le regard de Tom... Paniqué... Angoissé... Tétanisé...
Bill avait horreur de faire ça, mais là, il sentait qu'il n'avait pas le choix. Il allait mentir... Pour aider Tom.
Bill : Il m'a juste aidé parce que je me suis fais mal à le cheville. Je vais chercher un mot. Il peut rester en cours ?
Prof : C'est bon allez vous asseoir tous les deux. Vous m'avez fait perdre assez de temps comme ça, mais je vous préviens que c'est la dernière fois.
Bill : Merci.
En faisant un large sourire à leur enseignant, le brun poussa Tom, littéralement figé sur place, à rejoindre sa chaise. En s'asseyant, le dreadé ne put réprimer un soupir de soulagement. Il prit son visage entre ses mains et essaya de calmer les battements de son c½ur qui jouaient leur musique à un rythme anormalement rapide.
Les heures s'écoulèrent et Tom réussit à reprendre le dessus sur lui-même. Aucun mot n'avait été échangé depuis cet incident et le dreadé ignora totalement l'ensemble de ses camarades, comme la veille. Le mieux était encore de rester seul... Totalement seul... Comme il l'avait toujours été, mais pourquoi cela lui coûtait-il tellement cette fois ci ?
Lorsque la cloche indiqua la fin de cette journée, il rassembla ses affaires et partit presque comme un voleur. Andréas le regarda avec de grands yeux remplis d'incompréhension tandis que Bill, lui, posait un regard anxieux sur le blond.
Andréas : Tu m'expliques !?!
Bill : Pas maintenant.
Et Bill partit presque aussi vite que son camarade. Il avait la vague impression de ne faire que ça de ses journées... Courir après Tom, si bien qu'au bout de quelques minutes, il fut à ses côtés dans la rue.
Tom : Tu devais pas me foutre la paix toi ?
Bill : Si, je devais... Mais avoues que tu m'en dois une là.
Tom s'arrêta, fixant le brun qui avait continué à avancer de quelques pas.
Bill : C'est vrai ! Je t'ai sauvé la mise en cours. Non ?
Oui c'était vrai, Tom lui en était vraiment reconnaissant d'ailleurs, mais redoutait ce qui allait suivre... Il s'attendait au pire. Pourquoi était-ce si dur avec lui ?
Tom : Et ?
Bill : Invite-moi chez toi.
Tom : Non.
Bill : Ok, alors viens chez moi.
Ils avaient reprit leur marche et se trouvaient à présent devant leurs habitations. Tom regardait le bitume du trottoir, un voile de tristesse devant les yeux. Il aurait tellement aimé, pour une fois, dire oui... Passer une journée normale... Voir des amis... Avoir des amis tout simplement.
Tom : Je peux pas.
Bill : ... Je sais qu'il se passe des trucs... Que tu veux pas en parler... Mais sache que je ne ferais rien qui pourrait te causer des ennuis... Crois-moi, c'est tout ce que je te demande. Ok ?
Tom : Ok.
Le blond avait bien du mal à empêcher les larmes de dévaler ses joues. Bill était-il ce qu'on appelle un ami ? Il ne le savait même pas. Il ne s'était jamais donné la peine d'en avoir... Non, il ne savait plus ce que c'était d'avoir des amis.
Tom releva lentement les yeux en les posant sur le brun, un léger sourire sur les lèvres. Bill aurait pu jurer l'avoir entendu murmurer un timide « merci », mais peut-être pas finalement. Puis le blond regarda sa maison et là, sans prévenir il partit précipitamment, laissant un jeune homme complètement largué en plein milieu de la rue. La seule chose que le brun aperçu lorsqu'il regarda dans la même direction, fut des rideaux se refermer sur une silhouette qui lui donna la chair de poule. Bill, les yeux fixés sur cette fenêtre, ne pouvait que s'imaginer un tas de scénarios, tous plus choquants les uns que les autres.
La soirée se déroula tranquillement, le brun ne décrochant que quelques mots tellement il était obnubilé par ses pensées. Il essaya de se détendre un peu dans un bon bain chaud, mais la encore, rien n'y faisait. Son esprit était irrémédiablement figé sur le dreadé.
Demain, est-ce qu'il serait de nouveau renfermé dans sa bulle ? Inaccessible de tous ?
Demain, aurait-il de nouvelles traces, bleus ou coupures sur le visage ?
En avait-il ailleurs ?
Etait-il, comme le redoutait Bill, battu ?
Ou même encore pire ?
Que se passait-il dans cette maison ?
Bill se rendit compte qu'il n'avait encore jamais vu les autres membres de cette famille. Il en avait marre de se poser toutes ces questions... Qui peut-être resteraient sans réponses... Qui peut-être étaient infondées... Peut-être s'imaginait-il des choses complètement folles, son esprit étant peut-être perverti par tout ce qu'il pouvait voir, lire et entendre...
A 22h30, il décida que c'en était assez et alla se coucher, sans même jeter un coup d'½il sur son ordinateur, pourtant grand amour de sa vie. Il le regretterait peut-être le lendemain...
La nuit fut agitée pour le brun qui n'avait de cesse de se tourner et se retourner dans son lit en quête d'un sommeil qui lui faisait faux bond. Toujours ces questions qui le hantaient, d'autres se mélangeant aux anciennes... Comment se faire aimer de quelqu'un qu'on ne peut même pas approcher ? Lorsque son réveil sonna, il n'avait dormi que quelques heures.
Les automatismes et rituels du matin une fois expédiés, il sortit de chez lui en attrapant une veste. Il avait prévu le coup et se posta devant sa maison en attendant Tom. Dix minutes... Il attendit dix minutes avant que celui-ci ne sorte à son tour de chez lui.
Bill traversa la route avec un énorme sourire sur les lèvres... Tom n'avait rien... Enfin rien de plus que la veille.
Bill : Salut toi.
Tom : Salut.
Le brun sursauta un peu, il ne s'attendait pas à avoir une réponse et pire... Un sourire... Petit sourire, certes, à peine visible, mais sourire quand même.
Bien vite cependant, alors qu'ils marchaient, Bill se rendit compte de quelque chose. Tom ne se dirigeait pas vers le lycée.
Bill : Je... Tom, tu vas où ? C'est pas la bonne route.
Tom : Je sais. Ne me suis pas.
Bill : Mais...
Tom : On a sport en première heure... J'y vais pas.
Bill : Ok. Alors je reste avec toi. J'avais pas envie d'y aller de toute façon.
Tom partit précipitamment, sans se retourner, sentant sur lui le regard brûlant du brun, brillant sûrement d'une flamme incandescente, réchauffant chaque zone où ses yeux se posaient. Le dreadé souffla un coup pour évacuer la tension qui s'était accumulée partout dans son corps. Seulement un détail non négligeable l'empêchait de retourner en cours... Son entrejambe clairement réveillée.
Il se dirigea vers les toilettes pour se passer de l'eau fraiche sur le visage. Jamais il n'avait échangé un baiser si passionné, si intense... Et cela le perturbait. Il avait réussit à faire preuve d'un brin de lucidité pour repousser Bill, il aurait pu se perdre dans cette étreinte, ce contact, cette chaleur. Peut-être la peur avait-elle parlé pour lui ? Peur de l'inconnu...
Maintenant il était au moins sûr d'une chose... Bill l'attirait. Oui, c'était à présent une évidence.
D'ailleurs ce dernier, qui était dans le même état que le blond, mit quelques minutes avant de pouvoir se décoller du mur pourtant moins confortable depuis qu'il était seul. Il marcha d'un pas lent pour enfin se retrouver devant la salle de cours, pile en même temps que Tom. C'est le brun qui frappa contre la porte et rentra dès que le professeur leur en donna l'autorisation. Manque de chance flagrant... C'était le même prof que leur précédent retard...
Prof : Je ne veux même pas d'excuses. Vous allez tous les deux me chercher un justificatif.
Bill se retourna, pas plus gêné que ça. La seule pensée qu'il eut fût « c'est plus rapide que l'année dernière, j'avais mis une semaine avant le premier mot ». Cependant, il resta bloqué devant le regard de Tom... Paniqué... Angoissé... Tétanisé...
Bill avait horreur de faire ça, mais là, il sentait qu'il n'avait pas le choix. Il allait mentir... Pour aider Tom.
Bill : Il m'a juste aidé parce que je me suis fais mal à le cheville. Je vais chercher un mot. Il peut rester en cours ?
Prof : C'est bon allez vous asseoir tous les deux. Vous m'avez fait perdre assez de temps comme ça, mais je vous préviens que c'est la dernière fois.
Bill : Merci.
En faisant un large sourire à leur enseignant, le brun poussa Tom, littéralement figé sur place, à rejoindre sa chaise. En s'asseyant, le dreadé ne put réprimer un soupir de soulagement. Il prit son visage entre ses mains et essaya de calmer les battements de son c½ur qui jouaient leur musique à un rythme anormalement rapide.
Les heures s'écoulèrent et Tom réussit à reprendre le dessus sur lui-même. Aucun mot n'avait été échangé depuis cet incident et le dreadé ignora totalement l'ensemble de ses camarades, comme la veille. Le mieux était encore de rester seul... Totalement seul... Comme il l'avait toujours été, mais pourquoi cela lui coûtait-il tellement cette fois ci ?
Lorsque la cloche indiqua la fin de cette journée, il rassembla ses affaires et partit presque comme un voleur. Andréas le regarda avec de grands yeux remplis d'incompréhension tandis que Bill, lui, posait un regard anxieux sur le blond.
Andréas : Tu m'expliques !?!
Bill : Pas maintenant.
Et Bill partit presque aussi vite que son camarade. Il avait la vague impression de ne faire que ça de ses journées... Courir après Tom, si bien qu'au bout de quelques minutes, il fut à ses côtés dans la rue.
Tom : Tu devais pas me foutre la paix toi ?
Bill : Si, je devais... Mais avoues que tu m'en dois une là.
Tom s'arrêta, fixant le brun qui avait continué à avancer de quelques pas.
Bill : C'est vrai ! Je t'ai sauvé la mise en cours. Non ?
Oui c'était vrai, Tom lui en était vraiment reconnaissant d'ailleurs, mais redoutait ce qui allait suivre... Il s'attendait au pire. Pourquoi était-ce si dur avec lui ?
Tom : Et ?
Bill : Invite-moi chez toi.
Tom : Non.
Bill : Ok, alors viens chez moi.
Ils avaient reprit leur marche et se trouvaient à présent devant leurs habitations. Tom regardait le bitume du trottoir, un voile de tristesse devant les yeux. Il aurait tellement aimé, pour une fois, dire oui... Passer une journée normale... Voir des amis... Avoir des amis tout simplement.
Tom : Je peux pas.
Bill : ... Je sais qu'il se passe des trucs... Que tu veux pas en parler... Mais sache que je ne ferais rien qui pourrait te causer des ennuis... Crois-moi, c'est tout ce que je te demande. Ok ?
Tom : Ok.
Le blond avait bien du mal à empêcher les larmes de dévaler ses joues. Bill était-il ce qu'on appelle un ami ? Il ne le savait même pas. Il ne s'était jamais donné la peine d'en avoir... Non, il ne savait plus ce que c'était d'avoir des amis.
Tom releva lentement les yeux en les posant sur le brun, un léger sourire sur les lèvres. Bill aurait pu jurer l'avoir entendu murmurer un timide « merci », mais peut-être pas finalement. Puis le blond regarda sa maison et là, sans prévenir il partit précipitamment, laissant un jeune homme complètement largué en plein milieu de la rue. La seule chose que le brun aperçu lorsqu'il regarda dans la même direction, fut des rideaux se refermer sur une silhouette qui lui donna la chair de poule. Bill, les yeux fixés sur cette fenêtre, ne pouvait que s'imaginer un tas de scénarios, tous plus choquants les uns que les autres.
La soirée se déroula tranquillement, le brun ne décrochant que quelques mots tellement il était obnubilé par ses pensées. Il essaya de se détendre un peu dans un bon bain chaud, mais la encore, rien n'y faisait. Son esprit était irrémédiablement figé sur le dreadé.
Demain, est-ce qu'il serait de nouveau renfermé dans sa bulle ? Inaccessible de tous ?
Demain, aurait-il de nouvelles traces, bleus ou coupures sur le visage ?
En avait-il ailleurs ?
Etait-il, comme le redoutait Bill, battu ?
Ou même encore pire ?
Que se passait-il dans cette maison ?
Bill se rendit compte qu'il n'avait encore jamais vu les autres membres de cette famille. Il en avait marre de se poser toutes ces questions... Qui peut-être resteraient sans réponses... Qui peut-être étaient infondées... Peut-être s'imaginait-il des choses complètement folles, son esprit étant peut-être perverti par tout ce qu'il pouvait voir, lire et entendre...
A 22h30, il décida que c'en était assez et alla se coucher, sans même jeter un coup d'½il sur son ordinateur, pourtant grand amour de sa vie. Il le regretterait peut-être le lendemain...
La nuit fut agitée pour le brun qui n'avait de cesse de se tourner et se retourner dans son lit en quête d'un sommeil qui lui faisait faux bond. Toujours ces questions qui le hantaient, d'autres se mélangeant aux anciennes... Comment se faire aimer de quelqu'un qu'on ne peut même pas approcher ? Lorsque son réveil sonna, il n'avait dormi que quelques heures.
Les automatismes et rituels du matin une fois expédiés, il sortit de chez lui en attrapant une veste. Il avait prévu le coup et se posta devant sa maison en attendant Tom. Dix minutes... Il attendit dix minutes avant que celui-ci ne sorte à son tour de chez lui.
Bill traversa la route avec un énorme sourire sur les lèvres... Tom n'avait rien... Enfin rien de plus que la veille.
Bill : Salut toi.
Tom : Salut.
Le brun sursauta un peu, il ne s'attendait pas à avoir une réponse et pire... Un sourire... Petit sourire, certes, à peine visible, mais sourire quand même.
Bien vite cependant, alors qu'ils marchaient, Bill se rendit compte de quelque chose. Tom ne se dirigeait pas vers le lycée.
Bill : Je... Tom, tu vas où ? C'est pas la bonne route.
Tom : Je sais. Ne me suis pas.
Bill : Mais...
Tom : On a sport en première heure... J'y vais pas.
Bill : Ok. Alors je reste avec toi. J'avais pas envie d'y aller de toute façon.