Voilà l'épilogue...
Alors j'ai un peu galéré pour l'écrire celui-là j'avoue, alors j'espère qu'il vous plaira ;-))
Tom était partit sans se retourner, sans un regard pour son frère, sans une parole pour son jumeau, sans un baiser pour son amour. Simone avait longtemps pleuré, elle avait laissé partir son enfant seul en France. Bill s'était enfermé dans sa chambre des journées entières et Gordon s'était réfugier dans le travail pour éviter l'ambiance de la maison. Simone et Gordon étaient complètement perdus. Tom les avait suppliés d'accepter qu'il aille étudier en France et ils avaient fini par céder. Ils n'étaient pas aveugles, ils avaient parfaitement compris que tout ceci avait un rapport avec Bill, mais les deux garçons avaient toujours refusés de leur donner la moindre explication. Le temps passait. Les parents appelaient Tom tous les jours et la vie avait finalement repris son cour.
La première année les deux frères ne se virent qu'une seule fois... Lors des fêtes de fin d'année, le réveillon en famille, la nouvelle année entre amis. Tom était revenu pour deux semaines. Les parents s'en faisaient une joie. Les jumeaux venaient de fêter leurs 17 ans... L'un sans l'autre pour la première fois... Tom loin de la maison pour la première fois. Bill loin de son frère pour la première fois. A maintes reprises ils lui avaient proposé de revenir à la maison, mais il avait toujours refusé... C'était trop tôt... Il l'aimait encore.
Cela faisait 10 mois que les jumeaux ne s'étaient ni vu ni parlé et l'ambiance fut glaciale. Pendant deux jours ils ne s'adressèrent pas la parole et finalement Tom repartit plus tôt que prévu. Il ne resta que 3 jours. Trois jours interminables où à chaque seconde l'envie d'étreindre l'autre était présente... Trois jours pendant lesquels cette pensée les torturait. Trois jours durant lesquels Tom avait tout fait pour ne pas se retrouver seul avec son jumeau. Oui... Trois jours sur une année, c'était trop dur.
Durant 10 mois, personnes n'avait vu les marques, cachées par des bijoux, sur les poignets de Bill... Il ne fallut que trois jours à Tom. Pendant ces trois jours, personnes ne remarqua le corps amaigri de Tom dans ses habits trop larges... Il ne fallut qu'une seconde à Bill.
Même en s'évitant, ils ne voyaient que l'autre. Même en s'ignorant, ils ne pensaient qu'à l'autre. Même en étant séparés, ils n'étaient qu'avec l'autre.
Simone avait eu un mal fou à laisser repartir l'aîné de ses fils, mais les yeux tristes et implorants, Tom lui avait dit que c'était mieux ainsi. La mère voulait comprendre, posait des questions, mais jamais une seule réponse ne lui parvenait. Une fois... Une seule fois, Tom avait faillit craquer, mais il avait simplement dit « tu ne comprendrais pas... Tu n'approuverais pas maman ». Elle pleurait de voir ses fils se déchirer, mais n'y pouvait absolument rien.
Non... Un an ce n'était pas assez pour s'oublier.
L'année suivante, ils prirent régulièrement des nouvelles l'un de l'autre... Par l'intermédiaire de Simone ou Gordon, mais pas une fois ils ne se parlèrent. Pour leur anniversaire, Tom envoya un texto à son frère, un simple « joyeux anniversaire » mais qui lui avait énormément coûté, qui lui faisait beaucoup trop de mal... Bill à cet instant su que son frère souffrait également, qu'il pensait à lui tout le temps, qu'il l'aimait encore de trop pour revenir... Oui, ils éprouvaient la même chose, alors il comprenait. Il lui avait juste répondu « A toi aussi Tomi ».
Les mois passaient et Bill oubliait son frère avec les corps d'autres hommes... Comme Tom avait tenté de le faire quelques années auparavant... En vain. Le dreadé quant à lui, se consacrait entièrement à ses études. Jamais il n'avait autant travaillé. Il était un des meilleurs de son école et parlait maintenant couramment le français, mais pas une fois en deux ans il n'avait eu d'aventures. Non... Le souvenir de son jumeau était trop profondément ancré dans sa chair et dans son c½ur.
18 ans... L'âge de l'insouciance, des sorties, des amis et des amours à l'eau de rose... Ils en étaient loin. Deux ans qu'ils s'étaient éloignés l'un de l'autre, que le blond avait fui cette relation impossible, que Bill subissait cette souffrance, que Tom s'imposait cette solitude.
Non... Deux ans ce n'était pas assez pour s'oublier.
Tom ne revint pas non plus une seule fois chez lui l'année suivante, trouvant toujours quelques excuses pour leurrer ses parents. Alors la quatrième année, les parents, lasses de cette situation, firent eux même le déplacement... Leur fils leur manquait trop.
Ils avaient fait le voyage et débarqué à l'improviste dans son petit studio du centre ville. Bill avait longuement hésité, puis finalement, n'en pouvant plus de cette froideur entre eux était venu aussi, le c½ur remplit de crainte. Tom lui en voudrait sûrement mais qu'importe, il voulait le revoir, plus que tout.
Lorsque Tom avait ouvert la porte, il écarquilla d'abord les yeux avant que sa mère ne lui saute au cou. Son père déposa une bise sur son front, mais la seule chose que le blond voyait était son jumeau... Planté là... Tétanisé par la peur ? La joie ? La tristesse ?
Les larmes coulèrent d'elles même. Tom repoussa tendrement sa mère et vint étreindre Bill. Ils restèrent ainsi de longues minutes enlacés, pleurant dans le cou de l'autre, capable d'aucun mot. Les parents les regardaient attendris... Et gênés. Cette tendresse n'avait rien de fraternelle, cette étreinte n'avait rien de fraternelle; cet amour n'avait rien de fraternel.
Ils se séparèrent enfin et contemplèrent l'autre.
Les jumeaux avaient 20 ans, oui, ils avaient changé. Tom ne portait plus ni casquette, ni bandeau, ni même ses éternels baggy. Il avait adopté un look beaucoup plus passe partout, beaucoup moins large. Seuls vestiges de ses années d'adolescence... Des dreads extrêmement longues et son piercing. Bill quant à lui avait laissé tomber bijoux et mitaines. Ses cheveux toujours longs, noirs et lissés, retombaient sur ses épaules et son maquillage bien que toujours présent était extrêmement discret. Ils faisaient la même taille, mais Tom était plus large que son frère, plus musclé aussi.
Tom essuya avec ses pouces les traînées noires qui avaient coulé sous les yeux de Bill. Il se rapprocha en collant une dernière fois son corps à celui qu'il aimait tant, puis lui murmura à l'oreille, la voix tremblante et remplie de peine « Tu n'aurais pas du venir ». Le brun esquissa un sourire triste avant de chuchoter un « Je sais ».
Non... Quatre ans ce n'était pas assez pour s'oublier.
Toute la famille pénétra dans le petit logement de l'étudiant. Le malaise des deux garçons était palpable.
Simone : Mon dieu mais c'est une porcherie ici.
Tom : Faut pas pousser non plus, et pi j'attendais personne moi.
Gordon : On est content de te revoir Tom.
Tom : Moi aussi... Vous m'avez manqué.
Bill : T'as changé.
Tom : Pas vraiment.
Simone : Bah si tu mets plus tes horribles vêtements dix fois trop larges qui t'allaient pas du tout.
Tom : Bah merci on sait maintenant ce que tu pensais à l'époque.
Simone : Je m'en suis jamais cachée non plus.
Bill : C'est vrai.
Ils rigolèrent tous de bon c½ur, cependant Tom ne pouvait s'empêcher de regarder son frère et dès que leurs regards se croisaient ils détournaient les yeux plus tristes que jamais. Ce soir là, Simone prépara le repas, fit tous les plats préférés de Tom... Quatre ans qu'elle n'avait pas cuisiné pour lui, elle comptait bien se rattraper. La soirée passait, le repas se déroulait pour le mieux malgré la gêne visible des jumeaux. Ils racontèrent tous leur vie... Les choses qui avaient changé et celles qui restaient immuables.
Tom avait blêmit en apprenant de son père que Bill l'avait largement rattrapé au vue de ses nombreuses conquêtes. Le brun n'avait pas osé affronter le regard de son jumeau. Le dreadé, lui, pensa qu'il l'avait juste largement remplacé... Devait-il en être heureux ou malheureux ? Cela avait été le but de cette séparation après tout, mais cela faisait tellement mal.
Les parents s'apprêtaient à partir pour se rendre à l'hôtel qu'ils avaient réservé, Bill enfilait son blouson lorsque Simone l'interrompit.
Simone : Tom ça te dérange pas si ton frère reste dormir ici ? Parce que c'est une chambre pour deux personnes...
Bill : Mais... Je... Enfin c'est pas grave on demandera un lit pliant.
Gordon : En fait on avait pensé, avec votre mère, passer un petit moment en tête à tête... Vous voyez ?
Tom : Oui oui on voit, épargne-nous les détails s'il te plait.
Bill : Mais vous êtes pas trop vieux pour ce genre de choses ?
Tous rigolèrent, Gordon donna une petite tape sur la tête de son fils, mais déjà les jumeaux sentaient les frissons monter, la chaleur les envahir, l'interdit les ronger.
Simone : Ca pose un problème ? T'avais peut-être des projets pour ce soir ?
Tom : Non non t'inquiète pas, y a pas de problème.
Simone embrassa ses deux enfants avant de partir, suivie de Gordon. Lorsqu'elle avait enlacé Tom, elle lui avait glissé à l'oreille ces quelques mots « Essayez d'arranger les choses entre vous, ça dure depuis trop longtemps. Quoiqu'il se passe vous êtes mes bébés et je vous aime. Ok ?! ». En se relâchant, Tom avait les larmes aux yeux. Il était perturbé, choqué, contrarié. Sa mère savait-elle ? Connaissait-elle réellement la vérité ? L'acceptait-elle ? Non, il était sûr que cela était impossible, elle ne pouvait pas s'imaginer une telle chose, leur secret, leur honte, leur amour...
Tom referma derrière ses parents, mais n'osa pas bouger. Il restait là, la main toujours sur la poignée et le front appuyé contre la porte. Bill était derrière lui, adossé contre le mur et les mains dans les poches. Ils n'osaient rompre le silence, ou ne le voulaient pas peut-être.
Bill : Je suis désolé... D'être venu.
Bill avait à peine fini sa phrase que le corps de Tom s'écrasa contre le sien, sa langue forçant directement l'accès à sa bouche et ses bras fermement enlacés autour de sa taille l'auraient presque étouffé s'il n'était pas lui-même complètement perdu dans le baiser qu'ils échangeaient. Leurs corps se caressaient mutuellement sans même que leurs esprits ne puissent intervenir. Les larmes coulaient le long des joues et les gémissements se perdaient dans le baiser.
Tom : Putain... Tu m'as tellement manqué.
Bill : Toi aussi.
Tom : J't'aime trop, ça me bouffe.
Ils s'étaient déshabillés à une vitesse encore jamais vue, s'arrachant presque les vêtements. Des années qu'ils ne s'étaient pas vu, qu'ils avaient vécu leurs propres expériences et malgré tout, jamais ils n'avaient été aussi excités l'un par l'autre.
Bill repoussa le blond et plongea ses yeux dans ceux de son double, la respiration rendue difficile et le corps tremblant.
Bill : Redis le.
Tom : Non.
Bill : S'il te plait.
Tom : ... Je t'aime.
Pour la première fois depuis longtemps, ce furent des larmes de bonheur qui dévalèrent ses joues. Ca y est... Les mots étaient lâchés, les sentiments avoués, les gestes acceptés.
Tom : On n'a pas le droit.
Bill : Je sais ! On devrait pas.
Tom : Je sais ! Faudra se cacher.
Bill : Et mentir.
Tom : Oui.
Tom se rapprocha de son jumeau et frôla ses lèvres du bout des doigts.
Bill : elles t'appartiennent Tom. Elles t'ont toujours appartenu.
Ils se sourirent. Ils leurs avaient fallu tout ce temps pour se comprendre, pour s'accepter, pour s'aimer. Avant de sceller leurs lèvres d'un baiser, Bill murmura « Moi aussi Tom, plus que tout ».
Cette nuit là, ils s'aimèrent pour la première fois sans une larme, uniquement le bonheur qui s'imposait, qui prenait toute la place. Tout le passé et la tristesse étaient partis en même temps qu'ils avaient laissé tomber les barrières. Avaient-ils une chance d'être heureux ensemble ? Avaient-ils un futur ensemble ? Peu importait, ils s'aimaient maintenant, ils s'étaient toujours aimés et à cet instant ils avaient décidé d'ignorer tout le reste et tous les autres. Pour la première fois, eux seul comptaient.
Tom avait entraîné Bill dans sa chambre... Ils y firent plusieurs fois l'amour, chaque fois découvrant une jouissance plus grande, découvrant un plaisir qu'aucun autre n'avait su leur donner, découvrant ce qu'était d'être sincèrement aimé.
Le matin, le brun se réveilla face au sourire de son frère. Il lui caressa la joue tendrement et Tom attrapa sa main pour y déposer un baiser dans sa paume.
Tom : Reste avec moi... Ici.
Bill l'embrassa en souriant. Ce n'était pas une réponse, cela n'avait même pas été une question, c'était juste une évidence.
Ils avaient tout dit à leurs parents.
Simone avait sourit, peut-être tristement, leur avait demandé s'ils étaient enfin heureux et en voyant le sourire sur leurs visages, elle les avait embrassé en leur disant qu'elle les aimait.
Gordon était parti en claquant la porte ; choqué. Peut-être leur pardonnerait-il un jour pour cette chose qu'il savait déjà depuis longtemps, mais qu'il aurait préféré ne jamais voir se réaliser.
En France, les jumeaux n'étaient plus jumeaux, les frères n'étaient plus frères, ils étaient juste Bill et Tom, ils étaient juste deux garçons qui s'aimaient... Plus que tout.
Alors j'ai un peu galéré pour l'écrire celui-là j'avoue, alors j'espère qu'il vous plaira ;-))
*****
Tom était partit sans se retourner, sans un regard pour son frère, sans une parole pour son jumeau, sans un baiser pour son amour. Simone avait longtemps pleuré, elle avait laissé partir son enfant seul en France. Bill s'était enfermé dans sa chambre des journées entières et Gordon s'était réfugier dans le travail pour éviter l'ambiance de la maison. Simone et Gordon étaient complètement perdus. Tom les avait suppliés d'accepter qu'il aille étudier en France et ils avaient fini par céder. Ils n'étaient pas aveugles, ils avaient parfaitement compris que tout ceci avait un rapport avec Bill, mais les deux garçons avaient toujours refusés de leur donner la moindre explication. Le temps passait. Les parents appelaient Tom tous les jours et la vie avait finalement repris son cour.
La première année les deux frères ne se virent qu'une seule fois... Lors des fêtes de fin d'année, le réveillon en famille, la nouvelle année entre amis. Tom était revenu pour deux semaines. Les parents s'en faisaient une joie. Les jumeaux venaient de fêter leurs 17 ans... L'un sans l'autre pour la première fois... Tom loin de la maison pour la première fois. Bill loin de son frère pour la première fois. A maintes reprises ils lui avaient proposé de revenir à la maison, mais il avait toujours refusé... C'était trop tôt... Il l'aimait encore.
Cela faisait 10 mois que les jumeaux ne s'étaient ni vu ni parlé et l'ambiance fut glaciale. Pendant deux jours ils ne s'adressèrent pas la parole et finalement Tom repartit plus tôt que prévu. Il ne resta que 3 jours. Trois jours interminables où à chaque seconde l'envie d'étreindre l'autre était présente... Trois jours pendant lesquels cette pensée les torturait. Trois jours durant lesquels Tom avait tout fait pour ne pas se retrouver seul avec son jumeau. Oui... Trois jours sur une année, c'était trop dur.
Durant 10 mois, personnes n'avait vu les marques, cachées par des bijoux, sur les poignets de Bill... Il ne fallut que trois jours à Tom. Pendant ces trois jours, personnes ne remarqua le corps amaigri de Tom dans ses habits trop larges... Il ne fallut qu'une seconde à Bill.
Même en s'évitant, ils ne voyaient que l'autre. Même en s'ignorant, ils ne pensaient qu'à l'autre. Même en étant séparés, ils n'étaient qu'avec l'autre.
Simone avait eu un mal fou à laisser repartir l'aîné de ses fils, mais les yeux tristes et implorants, Tom lui avait dit que c'était mieux ainsi. La mère voulait comprendre, posait des questions, mais jamais une seule réponse ne lui parvenait. Une fois... Une seule fois, Tom avait faillit craquer, mais il avait simplement dit « tu ne comprendrais pas... Tu n'approuverais pas maman ». Elle pleurait de voir ses fils se déchirer, mais n'y pouvait absolument rien.
Non... Un an ce n'était pas assez pour s'oublier.
L'année suivante, ils prirent régulièrement des nouvelles l'un de l'autre... Par l'intermédiaire de Simone ou Gordon, mais pas une fois ils ne se parlèrent. Pour leur anniversaire, Tom envoya un texto à son frère, un simple « joyeux anniversaire » mais qui lui avait énormément coûté, qui lui faisait beaucoup trop de mal... Bill à cet instant su que son frère souffrait également, qu'il pensait à lui tout le temps, qu'il l'aimait encore de trop pour revenir... Oui, ils éprouvaient la même chose, alors il comprenait. Il lui avait juste répondu « A toi aussi Tomi ».
Les mois passaient et Bill oubliait son frère avec les corps d'autres hommes... Comme Tom avait tenté de le faire quelques années auparavant... En vain. Le dreadé quant à lui, se consacrait entièrement à ses études. Jamais il n'avait autant travaillé. Il était un des meilleurs de son école et parlait maintenant couramment le français, mais pas une fois en deux ans il n'avait eu d'aventures. Non... Le souvenir de son jumeau était trop profondément ancré dans sa chair et dans son c½ur.
18 ans... L'âge de l'insouciance, des sorties, des amis et des amours à l'eau de rose... Ils en étaient loin. Deux ans qu'ils s'étaient éloignés l'un de l'autre, que le blond avait fui cette relation impossible, que Bill subissait cette souffrance, que Tom s'imposait cette solitude.
Non... Deux ans ce n'était pas assez pour s'oublier.
Tom ne revint pas non plus une seule fois chez lui l'année suivante, trouvant toujours quelques excuses pour leurrer ses parents. Alors la quatrième année, les parents, lasses de cette situation, firent eux même le déplacement... Leur fils leur manquait trop.
Ils avaient fait le voyage et débarqué à l'improviste dans son petit studio du centre ville. Bill avait longuement hésité, puis finalement, n'en pouvant plus de cette froideur entre eux était venu aussi, le c½ur remplit de crainte. Tom lui en voudrait sûrement mais qu'importe, il voulait le revoir, plus que tout.
Lorsque Tom avait ouvert la porte, il écarquilla d'abord les yeux avant que sa mère ne lui saute au cou. Son père déposa une bise sur son front, mais la seule chose que le blond voyait était son jumeau... Planté là... Tétanisé par la peur ? La joie ? La tristesse ?
Les larmes coulèrent d'elles même. Tom repoussa tendrement sa mère et vint étreindre Bill. Ils restèrent ainsi de longues minutes enlacés, pleurant dans le cou de l'autre, capable d'aucun mot. Les parents les regardaient attendris... Et gênés. Cette tendresse n'avait rien de fraternelle, cette étreinte n'avait rien de fraternelle; cet amour n'avait rien de fraternel.
Ils se séparèrent enfin et contemplèrent l'autre.
Les jumeaux avaient 20 ans, oui, ils avaient changé. Tom ne portait plus ni casquette, ni bandeau, ni même ses éternels baggy. Il avait adopté un look beaucoup plus passe partout, beaucoup moins large. Seuls vestiges de ses années d'adolescence... Des dreads extrêmement longues et son piercing. Bill quant à lui avait laissé tomber bijoux et mitaines. Ses cheveux toujours longs, noirs et lissés, retombaient sur ses épaules et son maquillage bien que toujours présent était extrêmement discret. Ils faisaient la même taille, mais Tom était plus large que son frère, plus musclé aussi.
Tom essuya avec ses pouces les traînées noires qui avaient coulé sous les yeux de Bill. Il se rapprocha en collant une dernière fois son corps à celui qu'il aimait tant, puis lui murmura à l'oreille, la voix tremblante et remplie de peine « Tu n'aurais pas du venir ». Le brun esquissa un sourire triste avant de chuchoter un « Je sais ».
Non... Quatre ans ce n'était pas assez pour s'oublier.
Toute la famille pénétra dans le petit logement de l'étudiant. Le malaise des deux garçons était palpable.
Simone : Mon dieu mais c'est une porcherie ici.
Tom : Faut pas pousser non plus, et pi j'attendais personne moi.
Gordon : On est content de te revoir Tom.
Tom : Moi aussi... Vous m'avez manqué.
Bill : T'as changé.
Tom : Pas vraiment.
Simone : Bah si tu mets plus tes horribles vêtements dix fois trop larges qui t'allaient pas du tout.
Tom : Bah merci on sait maintenant ce que tu pensais à l'époque.
Simone : Je m'en suis jamais cachée non plus.
Bill : C'est vrai.
Ils rigolèrent tous de bon c½ur, cependant Tom ne pouvait s'empêcher de regarder son frère et dès que leurs regards se croisaient ils détournaient les yeux plus tristes que jamais. Ce soir là, Simone prépara le repas, fit tous les plats préférés de Tom... Quatre ans qu'elle n'avait pas cuisiné pour lui, elle comptait bien se rattraper. La soirée passait, le repas se déroulait pour le mieux malgré la gêne visible des jumeaux. Ils racontèrent tous leur vie... Les choses qui avaient changé et celles qui restaient immuables.
Tom avait blêmit en apprenant de son père que Bill l'avait largement rattrapé au vue de ses nombreuses conquêtes. Le brun n'avait pas osé affronter le regard de son jumeau. Le dreadé, lui, pensa qu'il l'avait juste largement remplacé... Devait-il en être heureux ou malheureux ? Cela avait été le but de cette séparation après tout, mais cela faisait tellement mal.
Les parents s'apprêtaient à partir pour se rendre à l'hôtel qu'ils avaient réservé, Bill enfilait son blouson lorsque Simone l'interrompit.
Simone : Tom ça te dérange pas si ton frère reste dormir ici ? Parce que c'est une chambre pour deux personnes...
Bill : Mais... Je... Enfin c'est pas grave on demandera un lit pliant.
Gordon : En fait on avait pensé, avec votre mère, passer un petit moment en tête à tête... Vous voyez ?
Tom : Oui oui on voit, épargne-nous les détails s'il te plait.
Bill : Mais vous êtes pas trop vieux pour ce genre de choses ?
Tous rigolèrent, Gordon donna une petite tape sur la tête de son fils, mais déjà les jumeaux sentaient les frissons monter, la chaleur les envahir, l'interdit les ronger.
Simone : Ca pose un problème ? T'avais peut-être des projets pour ce soir ?
Tom : Non non t'inquiète pas, y a pas de problème.
Simone embrassa ses deux enfants avant de partir, suivie de Gordon. Lorsqu'elle avait enlacé Tom, elle lui avait glissé à l'oreille ces quelques mots « Essayez d'arranger les choses entre vous, ça dure depuis trop longtemps. Quoiqu'il se passe vous êtes mes bébés et je vous aime. Ok ?! ». En se relâchant, Tom avait les larmes aux yeux. Il était perturbé, choqué, contrarié. Sa mère savait-elle ? Connaissait-elle réellement la vérité ? L'acceptait-elle ? Non, il était sûr que cela était impossible, elle ne pouvait pas s'imaginer une telle chose, leur secret, leur honte, leur amour...
Tom referma derrière ses parents, mais n'osa pas bouger. Il restait là, la main toujours sur la poignée et le front appuyé contre la porte. Bill était derrière lui, adossé contre le mur et les mains dans les poches. Ils n'osaient rompre le silence, ou ne le voulaient pas peut-être.
Bill : Je suis désolé... D'être venu.
Bill avait à peine fini sa phrase que le corps de Tom s'écrasa contre le sien, sa langue forçant directement l'accès à sa bouche et ses bras fermement enlacés autour de sa taille l'auraient presque étouffé s'il n'était pas lui-même complètement perdu dans le baiser qu'ils échangeaient. Leurs corps se caressaient mutuellement sans même que leurs esprits ne puissent intervenir. Les larmes coulaient le long des joues et les gémissements se perdaient dans le baiser.
Tom : Putain... Tu m'as tellement manqué.
Bill : Toi aussi.
Tom : J't'aime trop, ça me bouffe.
Ils s'étaient déshabillés à une vitesse encore jamais vue, s'arrachant presque les vêtements. Des années qu'ils ne s'étaient pas vu, qu'ils avaient vécu leurs propres expériences et malgré tout, jamais ils n'avaient été aussi excités l'un par l'autre.
Bill repoussa le blond et plongea ses yeux dans ceux de son double, la respiration rendue difficile et le corps tremblant.
Bill : Redis le.
Tom : Non.
Bill : S'il te plait.
Tom : ... Je t'aime.
Pour la première fois depuis longtemps, ce furent des larmes de bonheur qui dévalèrent ses joues. Ca y est... Les mots étaient lâchés, les sentiments avoués, les gestes acceptés.
Tom : On n'a pas le droit.
Bill : Je sais ! On devrait pas.
Tom : Je sais ! Faudra se cacher.
Bill : Et mentir.
Tom : Oui.
Tom se rapprocha de son jumeau et frôla ses lèvres du bout des doigts.
Bill : elles t'appartiennent Tom. Elles t'ont toujours appartenu.
Ils se sourirent. Ils leurs avaient fallu tout ce temps pour se comprendre, pour s'accepter, pour s'aimer. Avant de sceller leurs lèvres d'un baiser, Bill murmura « Moi aussi Tom, plus que tout ».
Cette nuit là, ils s'aimèrent pour la première fois sans une larme, uniquement le bonheur qui s'imposait, qui prenait toute la place. Tout le passé et la tristesse étaient partis en même temps qu'ils avaient laissé tomber les barrières. Avaient-ils une chance d'être heureux ensemble ? Avaient-ils un futur ensemble ? Peu importait, ils s'aimaient maintenant, ils s'étaient toujours aimés et à cet instant ils avaient décidé d'ignorer tout le reste et tous les autres. Pour la première fois, eux seul comptaient.
Tom avait entraîné Bill dans sa chambre... Ils y firent plusieurs fois l'amour, chaque fois découvrant une jouissance plus grande, découvrant un plaisir qu'aucun autre n'avait su leur donner, découvrant ce qu'était d'être sincèrement aimé.
Le matin, le brun se réveilla face au sourire de son frère. Il lui caressa la joue tendrement et Tom attrapa sa main pour y déposer un baiser dans sa paume.
Tom : Reste avec moi... Ici.
Bill l'embrassa en souriant. Ce n'était pas une réponse, cela n'avait même pas été une question, c'était juste une évidence.
Ils avaient tout dit à leurs parents.
Simone avait sourit, peut-être tristement, leur avait demandé s'ils étaient enfin heureux et en voyant le sourire sur leurs visages, elle les avait embrassé en leur disant qu'elle les aimait.
Gordon était parti en claquant la porte ; choqué. Peut-être leur pardonnerait-il un jour pour cette chose qu'il savait déjà depuis longtemps, mais qu'il aurait préféré ne jamais voir se réaliser.
En France, les jumeaux n'étaient plus jumeaux, les frères n'étaient plus frères, ils étaient juste Bill et Tom, ils étaient juste deux garçons qui s'aimaient... Plus que tout.