Ce soir là ils s'étaient tous les trois endormis dans la même chambre, dans le même lit, dans les mêmes bras, se tenant mutuellement chaud et se prodiguant les dernières caresses rassurantes avant de s'endormir.
Il n'entendirent pas le réveil sonner faiblement, ils n'entendirent pas les coups sur la porte d'entrée ni même la sonnette retentir, ils n'entendirent pas la voix de Gus les appeler, ils n'entendirent pas non plus la porte de la chambre s'ouvrir. Tom commença juste à entendre sa voix, mais lointaine, comme dans un rêve.
Gus : Whooo, la vache...qu'est ce qui se passe là-dedans ?
En entrant dans la chambre, il pensait bien y trouver le couple encore endormis malgré l'heure avancée. Il savait qu'ils ne se réveilleraient pas à temps et serait encore en retard pour le départ. Il avait donc décidé de venir les sortir du lit à 8h30.
Quand il avait sonné à la porte il n'avait eu aucune réponse, il était entré. Quand il avait appelé les deux frères dans l'appartement, toujours rien. Quand il était allé voir dans la chambre de Bill, elle était vide, ça en faisait au moins de levé, mais quand il ouvrit la porte de Tom il avait été choqué, surpris, gêné et encore d'autres sentiments qu'il ne définissait pas encore.
Il vit en premier Bill. Le drap ne recouvrait pas sufisamment son corps pour cacher sa nudité. Il avait la tête enfouit dans la nuque de son frère, le torse collé à son dos, la jambe passant entre celles de son jumeau et le bras entourant sa taille.
Tom était allongé sur le coté et ne semblait pas gêné par l'étreinte plus qu'intime de son frère malgré leur peau nue. Il sérrait dans sa main celle du brun. Sa tête penchée sur l'épaule de Lili semblait respirer son parfum et son bras recouvrait partiellement la poitrine de celle-ci.
Lili était allongée sur le dos. Le drap laissait voir une partie de ses jambes et remontait jusqu'à son nombril ou brillait son piercing. Ses seins étaient en partie cachés par le bras de Tom qui finissait sa course dans la chevelure courte et brune de Lili.
Gus : Vous foutez quoi là ? ...Magnez-vous de vous lever.
Tom entrouvrit les yeux, mais ne réalisait pas encore qui lui parlait. La seule réaction de Bill fut de resserrer davantage son emprise sur le corps de son frère. Lili bougeait la tête , plus pour chasser les sons qui la réveillaient qu'autre chose.
Gustave n'avait pas d'autres choix. Il employa la manière forte et alla ouvrir les rideaux de la chambre laissant ainsi entrer des rayons éblouissants qui frappèrent le lit de plein fouet.
Il était gêné, oui, mais ne voulait pas que quelqu'un d'autre trouve ses amis dans cette chambre, dans ce qui était à n'en pas douter, une petite sauterie à trois.
Bill réagit contre cette lumière qui l'aveuglait.
Bill : Putain, merde, fait chier, fermez ce putain de rideau à la con !!!!!
Tom : Hmmm !
Tom avait pris son oreiller pour y ensevelir son visage et ne cachait donc plus du tout Lili, mais cela était inutile car elle était à présent assise sur le lit et tenait le drap remonté jusqu'à son cou. Elle n'avait fait qu'un bond lorsque le rideau s'était ouvert et regardait Gus dans les yeux. Puis regarda les jumeaux et leur position plus qu'équivoque.
Lili : On arrive.
Gus sortit de la pièce et alla les attendre dans le salon. Il ne savait comment interpréter ce qu'il avait vu. Enfin si, il savait que les jumeaux partageaient la même fille, mais leur étreinte ? Etait-ce vraiment juste fraternel ? Couchaient-ils ensemble ? Non, c'était impossible. C'était des hommes, des frères, des jumeaux.
Lili : Bon allez les gars c'est plus l'heure de dormir.
Tom et Bill : Hmmm
Les deux hommes n'avaient visiblement pas envie de se lever. Ils avaient continué de faire l'amour jusqu'à tard dans la nuit, Lili se mêlant parfois à eux. Cette nuit avait été étrange, mais tellement torride. Lili se leva pour aller se laver et emporta le drap avec elle. Les deux frères jurèrent un moment puis se levèrent également.
Tom était assis sur le rebord du lit, frottant son visage entre ses mains pour se sortir de ses rêves. Il s'immobilisa un instant, Bill avait enfilé son caleçon et attendait d'avoir accès à la douche.
Tom : J'ai rêvé ou c'est Gus qui est venu nous réveiller ?
Bill : Heiiiiin ???? Mais non t'as dû rêver.
Lili : Non il n'a pas rêvé, C'était bien lui et je peux vous dire qu'il va nous poser des questions.
Lili était sortie de la salle de bain avec uniquement une serviette autour de son corps et commençait à s'habiller dans la chambre.
Bill : Merde, c'est pas vrai, mais qu'est ce qu'on va lui dire, merde, merde, merde, MERDE !!!!
Tom : Du calme, on va lui dire la vérité.
Bill et Lili : T'es pas bien toi !!!
Tom : Zen, j'ai pas dit qu'on allait tout lui dire non plus. On c'est fait un plan à trois et on c'est endormit c'est tout. On lui dit rien pour Bill et moi.
Lili : Et s'il vous demande ce que vous faisiez enlacé comme ça ?
Tom : On est pas maître de tous ses mouvements quand on dort, Si ?
Bill : Bon on verra bien, pour l'instant faut se magner.
Les jumeaux allèrent en même temps dans la douche, économisant ainsi un temps précieux.
Au bout de quelques minutes, ils se retrouvèrent tous dans le salon. Bill n'avait bien sûr pas eu le temps de ce maquiller ou de ce coiffer, il avait les cheveux lisse. Tom prépara le café en silence et servit une tasse à chacun.
Personne ne parlait, C'est Gus qui entama les hostilités.
Gus : Bon, vous avez l'air de bien vous éclater ensemble, tant mieux, mais qu'est ce qu'il y a entre vous deux ?
Il avez prononcé cette phrase en fixant les jumeaux et attendait une réponse qu'il espérait sincère.
Chapitre 32
Personne n'osait interrompre le silence pesant qui régnait dans la pièce. Gus regardait à tour de rôle les deux frères, attendant que l'un des deux daigne répondre.
Bill avait le regard fuyant, il n'osait même pas regarder leur ami alors comment aurait-il pu trouver le courage de lui répondre.
Lili aurait voulu aider les jumeaux, mais ne savait comment entamer la conversation et de toute façon elle savait pertinemment que ce n'était pas sa réponse que Gus attendait. Elle s'en voulait de laisser Tom se dépatouiller seul, elle qui s'était jurée de toujours l'épauler. Elle était mal pour lui et aurait voulu prendre sa place. Elle en voulait également à Bill de ne pas assumer plus que ça, après tout, il avait désiré cette relation tout autant que son frère et même peut-être plus.
Seul Tom soutenait le regard de Gus en cherchant ses mots, il ne voulait pas lui dire, mais semblait ne pas avoir le choix.
Gus n'était pas idiot et il avait déjà parfaitement deviné ce qu'il se passait. Il souhaitait juste des confirmations, mais ce n'était pas aussi simple pour les jumeaux.
Tom : Qu'est ce que tu veux qu'il y ai entre nous Gus ? On est frères ... et jumeaux si jamais t'avais pas remarqué.
Tom se voulait ironique, mais ne faisait que repousser l'inévitable.
Gus : Arrête s'il te plaît, te fou pas de moi, je vous ai très bien vu tout à l'heure.
Tom : Et t'as vu quoi ?
Gus : Vous vous enlaciez.
Tom : Et ???
Gus : Comment ça, et ? Vous étiez nu.
Tom : Et alors ???
Gus : .......
Gus ne savait comment réagir, est-ce que Tom niait ou au contraire ne cherchait-il pas à assumer les faits ?
Tom : Bon écoute Gus, j'ai pas envie de te mentir, c'est pas la peine. Tu as bien compris qu'on se faisait des petits plaisirs tous les trois je pense, mais va pas chercher plus loin. Y'a rien d'autre à comprendre. Ok ?
Gus : Merci j'avais bien compris que Lili sirotait pas un cocktail en vous regardant, c'était pas ça la question. Je voulais savoir si vous deux, vous avez une relation ... disons, plus que fraternel ?
Lili, se remémorant la nuit passée, ne put s'empêcher d'être gênée par la phrase de Gus, elle s'était effectivement rincée l'oeil en regardant les jumeaux et bien comme il faut en plus. Elle chassa cette pensée de sa tête pour ne pas avoir à essuyer la bave qui ne manquerais pas de sortir de sa bouche d'un instant à l'autre.
Tom : Lol oui c'est sûr, je connais pas trop de gars qui ' prêterais' sa copine à son frère ..
Gus : Bon Ok !!! Est ce que vous couchez ensemble ?
Bill et Lili écoutais la conversation et avaient sursauté lorsque Gus avait presque crié sa question. Ils ne savaient pas comment arranger les choses. Ils sentaient tous les deux que Tom commençait à être énervé par cette discussion et que Gus ne lâcherait pas l'affaire.
Tom : Même si c'était le cas, en quoi est ce que cela te concerne Gus ?
Tom avait formulé sa phrase d'un ton calme et déconcertant, regardant toujours Gus droit dans les yeux. Il essayait de lire en lui, une trace de dégoût, de peur, de haine ou tout autres sentiments négatif.
Bill avait regardé Tom, affolé, son frère venait juste d'affirmer leur relation, ou tout du moins, il ne l'avait pas démentit.
Gus : Je....Heu... C'est vrai, cela ne me concerne pas, mais je pensais qu'on était assez proche pour en parler.
Tom le regardait, attendant la suite. Il ne comptait pas lui en dire davantage. Il pouvait imaginer et croire ce que bon lui semblait, il ne cèderait pas, même si Gus jouait la carte de l'amitié. De toute façon, celui-ci avait ses opinions et ne comptait vraisemblablement pas en changer.
Gus : Je .... Bon, j'ai peu-être été un peu trop virulent, mais sachez que même si c'était le cas .... et bien...ça ne changerais rien pour moi. Vous êtes mes potes et c'est tout ce qui compte. Je peux comprendre que vous ne vouliez pas que cela se sâche, mais si un jour vous voulez en parler et bien je serais toujours là.
Bill se sentit réconforté et apaisé en entendant ses paroles, Gus était un ami, un très bon ami même, un ami sincère comme l'on en trouve peu et il savait maintenant qu'il pourrait lui faire confiance pour protéger leur secret.
Gus avait fait une pause et avait regardé Lili.
Lili : Quoi ???
Elle était mal à l'aise et se sentit rougir sous son regard. Elle savait que ça allait être pour elle maintenant....
Mais non, Gus ne lui dit rien, mais le sourire qu'elle pouvait lire sur ses lèvres et dans ses yeux, eux, en disaient long.
Lili : Hum, bon les gars, il me semble que vous étiez pressé, non ?
A ces mots, tout le monde avaient commencé à bouger, sauf Tom qui regarda encore quelques instants Gus. Il ne voulait pas lui mentir et de toute façon il savait déjà tout, ou presque, mais il redoutait tout de même les réactions qu'il pourrait avoir si vraiment ses 'doutes' se confirmaient.
Pour l'heure, ils partirent tous ensemble de l'appartement dans une atmosphère relativement tendue.
La tournée ne commençait décidement pas sous les meilleurs hospices.
Lili les accompagnait, mais redoutait le moment des aux-revoirs.
Chapitre 33
Ils étaient là, prêt à monter dans le tourbus, faisant leurs dernières accolades aux proches venus les encourager pour leur tournée.
Tom et Lili, un peu à l'écart du groupe, se serraient mutuellement dans les bras. David lui avait demandé d'être discret, mais là, il ne pouvait pas. Il s'imprégnait de son odeur, de son corps, de ses dernières caresses. Il avait besoin de la sentir. Il avait besoin de sentir sa peau tendre. Il avait besoin de sentir son parfum. Il avait besoin d'elle, tout simplement. Il ne voulait pas partir sans elle, mais il n'avait pas le choix, il ne pouvait l'obliger à les suivre.
Tom : T'es sûr que tu veux pas venir ? Tu sais on peut s'arranger pour tes cours.
Lili : Arrête on en a déjà parlé cent fois Tom et puis il y a Bill.
Tom : Oui mais c'est pas pareil, tu sais très bien que l'un ne peu pas remplacer l'autre, ça marche pas comme ça.
Lili : Je sais mais tu seras pas tout seul.
Tom : Lili j'ai pas envie de partir. Pas sans toi.
Lili : Non Tom ! Là, t'es en train de te laisser gagner par la peur alors t'arrête tout de suite Ok !!?
Tom : ....Je .....Non....mais...
Lili : Tout ce passera bien tu verras. Pour vous, pour nous, pour toi et pour moi. Tout ira bien maintenant t'inquiète pas. Et je t'interdis de retoucher, non, même de repenser à cette merde, compris !!?
Tom : Hm hm, promis.
C'était sa plus grande crainte, que Tom replonge. Elle savait pertinemment qu'il n'était pas encore sortit d'affaire, qu'il était encore faible face à cela.
Tous les jours, sans exception, il devait prendre ses substituts. C'était un toxico, un ancien toxico et cela le suivrait toute sa vie.
Lili avait d'ailleurs fait tout un tas de recommandations à Bill et celui-ci avait ordre de l'appeler à la moindre écartade, même minime. Elle serait loin, c'était déjà assez pénible à encaisser même si c'était son choix, elle ne voulait pas en plus être tenue à l'écart de la vie de Tom.
Les deux amoureux pouvaient entendre les raclements de gorge de David, à chaque fois plus sonore que le précédent, mais Tom n'était pas décidé à lâcher Lili. Il avait encore besoin d'un moment de réconfort dans ses bras. David s'apprêtait à séparer les tourtereaux lorsqu'il sentit une main le retenir.
Bill : Laisse les encore un peu seul... s'il te plait. Il en a besoin.
Bill avait une pointe de tristesse dans la voix.
Parce qu'il était jaloux de cette étreinte ?
Parce que Tom avait besoin de Lili ?
Parce qu'il ne pourrait jamais enlacer son frère ainsi en public ?
Parce que, lui, il avait été lâche, si lâche qu'il s'en faisait honte. Lui qui se pensait fort, assez fort pour aider Tom, assez fort pour soutenir son frère, assez fort pour les porter tous les deux, mais à cet instant précis, il aurait tout donné pour que Lili les accompagne, car c'était elle qui était forte et qui depuis le début avait tiré son jumeau vers le haut. C'était grâce à elle qu'il avait réussi à sortir la tête de l'eau et cette réalité lui faisait mal, horriblement mal.
Il avait fallu que Gus les surprennent le matin même pour que Bill s'aperçoive qu'il ne pourrait pas assumer cette relation, qu'il en était incapable.
Il aimait son frère plus que tout, plus que sa propre vie, mais il ne voulait pas tout perdre. Il ne voulait pas le perdre, lui, celui pour qui son coeur battait.
Il ne voulait pas être l'objet de scandale, des regards de dégoût. Il ne voulait pas être montré du doigt. Il ne le supporterait pas, mais surtout, il ne voulait pas que son frère subisse cela également.
Il avait peur de ce qui pourrait arriver à son jumeau si cela s'ébruitait.
Il avait peur de ce que son jumeau pourrait faire si cela s'ébruitait.
Tom monta dans le bus après un dernier baiser à Lili. Bill lui dit brièvement au revoir, trop rapide, trop distant, trop froid, pas normal, triste, mal à l'aise. Lili essaya de le retenir, mais il s'engouffra dans le véhicule et disparut derrière les vitres teintées.
Une boule d'angoisse était apparue dans sa poitrine, prenant toute la place, la faisant presque suffoquer. Elle comprit que cette tournée allait être horrible, mais pourquoi ? Qu'était-il arrivé à Bill?
Chapitre 34
Cela faisait maintenant trois jours que Bill évitait son frère. Tom essayait de comprendre pourquoi son jumeau avait cette attitude envers lui.
Le premier jour il avait mis ça sur le compte du stress du départ et des séparations.
Le deuxième jour il n'avait pas trop cherché à comprendre, laissant son frère seul à ses pensées.
Aujourd'hui, peut-être l'angoisse de leur premier concert.
A dire vrai, lui aussi angoissait terriblement. C'était une grosse pression que le premier concert de la tournée. Ils devaient tous assurer.
Dès le début de l'aprés-midi, ils avaient chacun essayé d'évacuer le stress à leur manière. Gus était allé se promener aux alentours, Georg dormait, Tom jouait de la guitare et Bill .... Que faisait Bill au fait. Tom l'ignorait, il ne l'avait pas vu depuis le début de la journée hormis à l'heure du repas où celui-ci n'avait pas décroché un mot.
Il voulait attendre que Bill lui explique ce qui se passait, mais cette situation commençait à peser sur toute l'équipe car Tom était de plus en plus irritable.
Le concert débuta alors qu'ils n'avaient toujours pas échangé le moindre mot.
Bill savait qu'il devrait aller chanter, danser, jouer avec son frère. Ce rituel était établi depuis longtemps déjà et les fans réclamaient ces gestes de tendresse fraternelles. Gestes auxquels elles aimaient donner un sens plus ambigu.
Les jumeaux savaient pertinemment ce que les fans attendaient et ils étaient entrés dans le jeu avant même de ressentir ces sentiments anormaux entre eux, entre frères, entre jumeaux.
Ces sentiment ?.....Pourquoi ? Comment ? Quand étaient-ils apparut ?
Bill en était là de ses questions au moment de monter sur scène, tellement absorbé par ses pensées qu'il manqua d'un temps le début de la première chanson. Chose passée totalement inaperçu aux oreilles du public, qui hurlait si fort qu'il couvrait presque la voix du chanteur, mais que toute l'équipe ainsi que les musiciens n'avaient pas loupée.
Le groupe enchaînait les chansons et après une heure de concert il n'y avait encore eu aucun rapprochement entre les deux frères. Bill n'allait pas vers Tom et Tom ne faisait pas non plus le chemin qui les séparait.
Tom ne savait pas trop pourquoi il était si énervé contre son frère.
Il avait voulu lui laisser du temps, mais maintenant il lui en voulait de le fuir ainsi.
Il avait voulu lui laisser plus d'espace, mais Bill en profitait pour s'éloigner.
Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre. Il avait peur de comprendre.
La fin du concert. Plus qu'une chanson.... La pire.... La seule que les deux frères auraient voulu ne pas jouer.
Ils étaient là, assis sur le devant de la scène, sur leur tabouret. Tom jouait, les yeux fixés sur sa guitare. Bill chantait, les yeux rivés sur le public. Pas un regard entre eux, pas de petit coup de pied sur Tom.... rien hormis la distance et le froid qui régnait désormais entre eux.
Cette dernière chanson laissa une ambiance bizarre dans la salle, dans l'équipe et dans les fans.
Les jumeaux sortirent de scène et se stoppèrent dans un même mouvement en voyant David. Son regard était furieux et ne laissait présager rien de bon.
David : Loge...Tout de suite !!!!
Les deux frères s'exécutèrent en baissant les yeux. Il n'y avait de toute façon pas lieu de discuter. Ils avaient merdé, tous les deux et en beauté. Ils n'avaient plus qu'à attendre que tombe la sentence.
Les quelques mètres qu'ils devaient parcourir avant d'arriver à la loge leur semblaient interminables et en même temps beaucoup trop courts. Ils se sentaient oppressés, mais auraient voulu rester indéfiniment dans ce couloir.
Ils appréhendaient un peu la colère de David, mais plus que tout, ils avaient peur....peur de ce qui leurs arrivaient. Peur de ce qu'ils devenaient l'un pour l'autre.
Trop proche ou trop éloigné, comment trouver la meilleure solution, le juste milieu ?
David claqua la porte derrière eux, enfermant ainsi les quatre membres du groupe et lui-même dans la loge. Gus et Bill s'installèrent sur le canapé, Georg sur une chaise et Tom appuyé contre la table. David ne disait rien, laissant ainsi monter un peu plus la pression.
David : Bon, alors, qu'est-ce que c'était que ça ?
Le silence régnait et devant ce silence David ne put que crier.
David : J'attends bordel, c'était quoi cette merde ce soir ?
Gus : David on à..
Il n'eut même pas le temps d'en placer plus que David lui répondit toujours en hurlant.
David : Gus c'est bon. Les fautifs se sont eux et ils le savent, alors maintenant j'aimerais qu'ils m'expliquent ce qui se passe.
Tom : T'as qu'à lui demander à lui puisque moi ça fait trois jours qu'il me parle plus.
En disant cela Tom avait montré Bill de la tête tout en portant une cigarette à sa bouche. Bill l'avait regardé avec des yeux noirs. Ils savaient parfaitement tous les deux que Bill n'en parlerait pas devant tout le monde. Les deux frères avaient commencé à s'engueuler, mais bien sûr sans aborder le vrai problème.
Tom : Tu m'emmerdes Bill. J'en ai ma claque de toi.
Il prit sa veste et sortit de la pièce en furie David essayant de lui dire quelque chose.
David : Attends Tom tu parts pas comme ça tout seul.....
Mais celui-ci n'écoutait déjà plus........Comment les choses avaient-elles pu en arriver là en seulement trois jours ?...
Chapitre 35
Tom avait marché pendant de longues heures dans des rues qui lui étaient inconnues. Il avait traversé de nombreux quartiers, passant des rues bourgeoises aux rues qui l'étaient un peu moins pour finir dans un quartier délabré.
A cet instant il se dit à lui même que ses pas le menaient directement en enfer, mais sa tête y était déjà depuis un moment.
Il fit marche arrière, ne voulant pas pénétrer davantage dans ces lieux qu'il ne connaissait que trop bien. Peu importe le quartier, peu importe la ville et peu importe le pays, ces endroits se ressemblaient tous.
Au bout d'une heure à tourner en rond il se résigna enfin à appeler David, car oui, il fallait bien l'avouer, il était complètement perdu.
Tom : Allo...C'est Tom, je..
David : Tom, putain merde t'es où ? Bordel, on s'est tous fait un sang d'encre. T'as pas fait de conneries rassure-moi ?
Tom : Non non t'inquiètes, mais en fait je sais pas du tout où je suis là.
David : Bon dis moi un nom de rue et je t'envoie quelqu'un tout de suite.
Tom regarda autour de lui et indiqua à David le seul nom de rue qu'il pouvait lire sur les panneaux détruits des environs. Il n'avait plus qu'à attendre que quelqu'un vienne. Il prit son téléphone dans sa poche et composa machinalement le numéro. Une sonnerie. Deux sonneries....
Lili : Allo ?
Tom : ..........
Lili : Tom ? C'est toi ??? J'ai reconnu ton numéro, qu'est-ce qui t'arrive ?
Au bout du fil, pour seule réponse, elle entendit quelques sanglots étouffés. Elle essayait de se faire la plus douce et réconfortante possible, mais au téléphone, ce n'était pas chose aisée.
Lili : Tom, mon coeur, dis moi ce qui ne va pas.
Tom : Je....On c'est engueulé....Je comprends que dalle......Il me zappe, me fuit...Je sais plus quoi penser. Si au moins il m'expliquait....MEEERDE!!!!!
Lili : Calme toi, je t'en prie. T'es où là ?
Tom : J'en sais rien, quelqu'un doit venir me chercher. J'attends je....
Lili : Pourquoi vous vous êtes engueulés ?
Tom : ...à cause du concert......On a été minables. Il a loupé quelques notes, j'ai foiré quelques accords et puis on s'est pas regardés de tout le concert. Donc David nous a passé une soufflante et on à commencé à ce chamailler comme des chiffonniers. Je suis partis en claquant la porte, tu me connais quoi !!!
Lili : A ça oui je te connais, mais bon je crois vraiment qu'il faut que vous arriviez à vous parler tous les deux.
Tom : Ahh oui et je fais comment moi vu qu'il fait en sorte qu'on soit jamais seuls dans la même pièce.
Lili : Tu le coinces dans un coin, pour ça aussi t'es doué, Non ??
Tom : Lol, ouais, je suis pas sûr qu'il apprécie, mais bon on va essayer. Bon je dois te laisser y'a la voiture qui vient d'arriver ... et David est à l'intérieur.
Lili : Ok, courage et tu me tiens au courant ok.
Tom : Hm hm. Lili ?
Lili : Oui ?
Tom : Merci.
Lili : De rien, tu sais que je serais toujours là pour toi.
Tom : Merci.
Tom monta dans la voiture. Il attendait que David l'engueule de nouveau, mais le trajet fut étonnement calme, lourdement silencieux, teinté de malaise.
David : Qu'est-ce qui ce passe entre vous deux à la fin ? Explique moi.
Il avait parlé d'une voix calme et posée. Il se voulait rassurant, mais on pouvait sentir l'inquiétude dans sa gorge.
Tom : J'en sais rien
David : Tom !?!
Tom : Faut que je parle avec lui ...
David : Ok.
Puis ils n'échangèrent plus une seule parole.
Arrivé à l'hôtel Tom regarda David.
David : Chambre 26, 2ème étage.
Tom se dirigea vers l'ascenseur et en appuyant sur le bouton son coeur commença à s'emballer. Bon tout d'abord, se calmer. Il prit de grandes inspirations, mais décidément, la sophrologie, relaxation, yoga, ou toutes autres méthodes ne marchaient guères sur lui.
Il resta debout, figé, quelques secondes ou même quelques minutes, il n'en était pas sûr, devant la porte de la chambre numéro 26. Il n'entendait aucun bruit provenant de celle-ci, après tout son frère dormait peut-être, il était déjà très tard, il avait marché longtemps, sa montre indiquait 2h25.
Il ouvrit la porte et rentra à pas feutrés. Il laissa de courtes secondes à ses yeux pour s'habituer à la peine ombre. La seule chose qu'il apercevait était la fine trainée de lumière qui s'échappait sous la porte de la salle de bain. Le bruit de l'eau parvenait jusqu'à ses oreilles et laissait son esprit vagabonder en pensant au corps nu de son jumeau.
Il se gifla mentalement pour ne pas commencer à bander, se n'était pas la meilleure chose pour entamer une discussion sérieuse.
Il entra dans la salle de bain et eu besoin d'un moment avant de s'adapter à la température ambiante et à l'atmosphère tropicale de la pièce. Il parcourut de ses yeux la silhouette de son frère au travers les vitres de la douche. Puis se ressaisit.
Sans faire de bruit, il se déshabilla puis entra dans la douche.
Il plaque son frère face au mur froid, maintenant ses bras de chaque côtés de sa tête, passant une jambe entre les siennes, empêchant ainsi tous mouvements de la part de Bill.
Tom : Bon tu m'expliques maintenant.
Chapitre 36
Le coeur de Bill loupa un battement. Son corps trembla dans son intégralité.
Bill : Bordel de merde Tom, qu'est-ce que tu fous ? Tu m'as foutu une peur bleue là.
Tom : Et bah au moins tu me parles, c'est déjà un bon début.
Bill : Lâche moi, c'est bon.
Tom : Non je te lâches pas avant que tu m'ai dit pourquoi tu fais la gueule.
Bill : Je .... pas comme ça...écarte toi un peu......
Tom : Pourquoi, ça commence déjà à te chauffer ?
Bill : Non, c'est pas ça...je ......je .......jeveuxqu'onarrêtetout.
Bill avait prononcé cette phrase d'une traite comme si la dire plus lentement l'aurait rendu plus douloureuse.
Tom avait marqué un moment d'arrêt, il n'avait pas trop comprit les propos de son jumeau ou peut-être les avait-il trop bien comprit.
Son coeur loupa un, peut-être deux battements, qui sait, même peut-être plus. Oui sûrement plus. Il sentait la terre s'écrouler sous ses pieds. Il se sentait transpercé de part en part. Il eu un léger vertige, ses oreilles bourdonnaient, puis son coeur s'emballa à une allure folle.....
Tom : Tu veux....quoi...?
Il avait légèrement desserré son emprise, mais en sentant Bill bouger il ne l'enserra que davantage, lui faisant presque mal.
Bill : Haa, Tom ... doucement.
Tom : Tu veux qu'on arrête quoi ? Ca peut-être ?
Tom avait pénétré Bill de ses doigts. Il n'était pas tendre, il n'était pas attentionné, il était même violent. Il ne le préparait pas, il le baisait de ses doigts.
Bill : Merde Tom .... arrête ...ça fait mal.
Tom : Pourquoi j'arrêterai ? Surtout si c'est la dernière fois. Car c'est bien ça Bill que tu veux me dire !!? Que tu me jettes ?
Bill : .....Je ......putain.......arrête........
Malgré la douleur Bill commençait lentement à se détendre et il ne voulait pas. Non pas qu'il aimait souffrir, mais s'il éprouvait du plaisir, il ne pourrait plus rompre, il savait qu'il en serait incapable alors qu'il le devait, il devait être fort pour eux deux.
Bill : On peut pas ..... continuer comme ça ...... et tu le sais .....si on ce fait .........preeeendre .....fais chier......haan.
Tom : Tu me jartes parce que t'as peur qu'on nous capte ?
Bill : Haaaa....Tom.....aïe....haaan
Tom l'avait pénétré avec son sexe, de toute sa longueur, d'un coup rapide. Bill haletait, de douleur, mais également de plaisir, le front appuyé contre le mur carrelé, les mains serrées. Il n'en pouvait plus.
Tom resta immobile, la respiration légèrement plus rapide.
Tom : Alors, réponds moi !!
Bill : Oui .... c'est vrai, j'ai peur ..... pour nous deux
Tom avait entamé le chemin inverse, lentement, trop lentement, terriblement lentement pour Bill qui se retenait désespérément pour ne pas donner des coups de reins. Mon dieu qu'il en voulait plus. Son frère avait un tel pouvoir sur lui, c'était atroce. Il respirait fort, essayant de se contenir. Tom s'insinuait de nouveau en lui, toujours à la même cadence. Il voulait faire flancher son frère, par tous les moyens .... et le premier qui lui était passé par la tête avait été le sexe.
Tom : Alors, t'es sûr ....de toi .......c'est fini ? Tu veux plus de moi .... en toi ..... comme ça ..? Tu m'aimes plus ?
Tom essayait de se maitriser également, ce qui était plus que difficile. Bill commençait à onduler le bassin malgré lui, il le désirait, il le voulait plus profondément en lui, plus fort, plus vite.
Bill : Haaaan ........ je ......bien sûr que si......mais...c'est ce qui y'a .......... mmmh ......de mieux à faire..........
Tom : T'es sûr ? T'as pas l'air convaincu.
Bill : Tooom !!!! comment veux-tu ....... putaiiiiin .... c'est booon ....merde ....oui ..... je suis sûr .
Tom : Ok !!
Tom avait répondu sur un ton sec et froid et Bill n'avait pu rétorquer quoi que ce soit que son frère était déjà sortit de son intimité. Bill avait lâché involontairement un gémissement plaintif.
Bill : Toom !!?
Tom ne dit pas un mot et ramassa ses affaires avant de sortit de la pièce en claquant la porte.
Il était frustré, vexé, mais surtout terriblement malheureux.
Bill resta planté là avec son excitation plus qu'évidente, le souffle court, mais surtout en proie à un grand malaise.
Il faisait souffrir son frère, il se faisait souffrir, mais il était persuadé que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Cette relation n'était pas normale, malsaine sûrement dégoûtante pour la plupart des gens.
Mon dieu, pourquoi aimait-il autant son frère ?
Chapitre 37
Le matin, quand Bill se réveilla encore fatigué de cette courte nuit, la seule pensée qui lui vint à l'esprit fut son frère. Il s'en voulait, mais était encore persuadé que c'était la seule et unique solution.
Il se leva difficilement de son lit dans lequel il n'avait dormit que trois heures.
Machinalement, il se dirigea vers la salle de bain.
Machinalement, il prit sa douche et s'habilla.
Machinalement, il se maquilla et se coiffa.
Puis, machinalement il alla prendre son petit déjeuner.
Inconsciemment peut-être, il avait enfilé les seuls habits que Tom lui avait offert.
Inconsciemment peut-être, il avait laissé ses cheveux lisse tel que Tom les préférait.
En entrant dans la grande salle où l'hôtel servait les repas, il resta comme pétrifié à la vue de Tom qui déjeunait.
Devait-il s'asseoir à la même table que lui ?
Devait-il le laisser en paix ?
Devait-il parler avec lui ?
Devait-il faire comme si rien ne s'était passé ?
Devait-il, non pourrait-il, redevenir de simples frères ?
Il sortit de sa torpeur en sentant une main sur son épaule. Il se retourna et vit le sourrir de Georg. La main le poussait à avancer un peu, mais les pieds de Bill restaient encrés dans le sol.
Son ami le fixa, quelques secondes lui suffirent pour affirmer qu'il n'allait pas bien.
Georg : Qu'est ce qui se passe ?
Bill : Je ...rien ....c'est cool, t'inquiète.
En disant cela, Bill c'était voulu rassurant, mais malgré lui des larmes avaient envahi ses yeux.
Georg : Aller viens.
Georg le tirait par la main en direction des chambres. Bill ne voulait pas le suivre, il sentait venir une discussion qu'il n'avait aucune envie d'avoir, mais ses pieds ne lui obéissaient plus.
Sans le vouloir, les larmes roulaient à présent le long de ses joues, certaines continuaient leur chemin dans le cou du brun pendant que d'autres allaient s'écraser sur la moquette épaisse du couloir.
Il ne pleurait pas, il ne laissait s'échapper aucun sanglot, mais les larmes coulaient, elles devaient sortire, c'est tout.
Il avait mal à la tête, à cause du manque de sommeil peut-être.
Ils arrivèrent dans la chambre de Georg. Il installa Bill sur le canapé et s'assit en face de lui, sur la table basse, ils étaient proches l'un de l'autre, mais à cet instant Bill aurait tant aimé que ce soit Tom qui le regarde.
Georg : Alors raconte moi.
Bill avait sursauté, il n'était arrivé dans cette chambre que poussé par Georg et se rendait à présent compte de ce qui l'entourait réellement.
Bill : Je ....quoi ???
Georg : Qu'est-ce qui se passe avec Tom ? C'est le délire entre vous deux depuis le début de la tournée.
Bill : Non, ça va.... y'a rien je t'assure.
Georg : Arrête, pas à moi s'il te plait. C'est en rapport avec ce que j'ai vu l'autre jour je suppose.
Le sang de Bill se glaça. Que devait-il répondre ? Il les avait vus, devait-il nier l'évidence ?
Georg voulait l'aider, il le savait, mais c'était si dur de dire la vérité, même à leurs meilleurs amis.
Georg : Vous êtes ensemble !?! Tu sais tu peux m'en parler, c'est cool, je me suis fait à cette idée. C'est vrai j'ai été un peu choqué au début, mais après tout plus rien ne m'étonne venant de vous et vous allez bien ensemble donc.....
Bill : On est plus ensemble !!!
Bill avait lâché cette phrase comme on lance une flèche, pour arrêter le flot de parole de Georg, pour empêcher les mots qui le blessaient de l'atteindre. Il savait qu'ils allaient bien ensemble puisqu'ils n'étaient qu'une seule personne, qu'ils formaient un tout et que l'un sans l'autre, ils n'étaient plus rien, qu'ils n'existaient plus.
Georg resta quelques secondes à analyser ces paroles. Comment pouvaient-ils ne plus être ensemble alors qu'ils semblaient tellement amoureux lorsqu'ils les avaient surpris enlacer il n'y a que quelques jours de cela.
Georg : Je ...enfin ....pourquoi ?
Bill : Parce que.
Georg : Enfin, explique moi Bill, c'est Tom qui a décidé ça ?
Bill : Non ! C'est moi. C'est mieux comme ça.
Georg : Pourquoi tu dis ça ?
Bill : Parce qu'on est frère et que l'on peut pas faire ça c'est tout.
Georg : Ca faisait combien de temps vous deux ?
Bill : Qu'est-ce que ça peut faire maintenant ?
Georg : Répond c'est tout.
Bill : Presque deux mois.
Georg : Ok et tu étais malheureux pendant ces deux mois ?
Bill : Je ...bien sûr que non, pourquoi tu me demandes ça ?
Georg : Alors pourquoi tu arrêtes tout ? Ecoute je vous avaient jamais vu aussi bien tous les deux et Tom était heureux comme jamais et il m'a semblé que toi aussi alors je te comprends pas. On n'arrête pas une relation quand tout va bien.
Bill : Mais Georg tout va pas bien du tout, on est frères, on est jumeaux. C'est de l'inceste, une putain de relation incestueuse, on peut pas c'est tout, c'est impossible nous deux, c'est interdit, c'est pas normal, c'est contre nature, c'est...c'est....c'est mal, c'est tout. Je ....
Cette fois Bill pleurait, il pleurait toutes les larmes de son corps et Georg le serrait dans ses bras, mais c'était tellement moins chaud, tellement moins bon, tellement moins réconfortant que les bras de son frère.
Chapitre 38
Au bout d'une heure, Bill avait tari la source de ses larmes et c'était laissé convaincre d'aller voir Tom. Ils devaient parler et prendre une décision ensemble, quel qu'elle soit.
Il arriva dans le restaurant de l'hôtel où son frère était toujours attablé au même endroit. En s'approchant de lui, il put remarquer que son plateau était encore intact. Une heure qu'il était assis là et il n'avait encore rien mangé.
Bill vint s'asseoir en face de lui et remarqua que les yeux de Tom étaient rouges.
Bill : Tom, tu sais je m'en veux de te faire souffrir, mais....
Tom se releva lentement en se rapprochant de l'oreille de son frère, il lui parla d'une voix ne reflétant aucun sentiment, aucune émotion.
Tom : Tu aurais mieux fait de me laisser crever si c'était pour m'achever deux mois aprés.
Il se redressa complètement sur ses jambes et sortit de la pièce sans se retourner, d'une démarche sans énergie.
Bill était resté choqué par ses mots, il avait cessé de respirer l'espace d'un instant et lorsqu'il sortit de son effroi Tom sortait de la pièce.
Bill : TOOOOOMM !!!!!!
Toute la salle c'était retourné sur lui, tout le monde, sauf Tom qui avait disparu dans le hall.
Bill resta quelques minutes, de très longues minutes, sans pouvoir bouger, pétrifié. Il regagna sa chambre et il fut ébahi de voir qu'il pouvait encore pleurer. Quelle quantité de liquide salé allait-il répandre aujourd'hui ?
Tout le groupe aurait du reprendre la route durant l'après midi, mais au moment de partir Tom demeurait introuvable. Depuis le matin personne ne l'avait vu, personne ne savait où il était, personne ne l'avait vu partir.
Toute la journée des gens l'avaient cherché partout, sans résultat.
Le soir venu tout le monde s'inquiétait et il ne répondait pas sur son portable.
David était hors de lui, il avait dû anuler le concert du lendemain, car même en partant maintenant, avec les kilomètres à avaler et l'installation de la scène, c'était impossible de donner la représentation à temps. Il avait prétexté que Tom était souffrant et en réalité ils espéraient tous qu'il ne lui soit rien arrivé.
Bill faisait les cent pas dans sa chambre. Creusant presque des sillons dans la moquette. Georg et Gus essayaient de le rassurer, mais c'était peine perdue.
Ils finirent par s'endormir aux alentours de cinq heures, peut-être même six heures du matin.
Bill se réveilla en premier et se précipita dans la chambre de son frère, mais celui-ci n'était toujours pas là. Déjà presque 24h que Tom était partit on ne sait où. Bill se faisait tous les pires scénario possible dans sa tête et se torturait l'esprit en se rendant coupable d'avoir blessé son jumeau.
****
Tom avait erré longtemps dans les rues. Il s'était arrêté acheter des bouteilles et s'était assis dans un coin calme pour boire en paix.
Il ne sait comment il arriva dans cette maison où il ne connaissait personne et où l'alcool coulait à flot, mais il but, plus que de raison.
Il ne sait comment il se retrouva avec un cachet dans la bouche, mais il l'avala. Les cigarettes, les joints, les tazs et autres substances tournaient joyeusement de mains en mains.
Tom planait, se déconnectait complètement de la réalité. Il ne comprenait plus rien, il ne cherchait plus à comprendre. Dès qu'il se sentait redescendre il reprenait autre chose, peu importe quoi, ce qu'il trouvait, ce qui lui tombait sous la main.
Il ne savait depuis combien de temps il était là. Il ne voulait plus réfléchir. Il ne voulait plus penser. Il voulait oublier, juste oublier. Oublier son frère.
Il se réveilla, la tête lourde, douloureuse, comme tout son corps.
Il avait mal, son corps entier n'était que souffrance. Sûrement les excès de ses heures passées.
Il ouvrit les yeux, difficilement, puis les referma, la lumière du soleil couchant était violente. Il essaya de se tourner, mais il ne pouvait pas. Il était entravé par quelque chose de chaud, il avait chaud, il était nauséeux, il était sûrement fiévreux, mais cette douleur lancinante ne le lâchait pas.
Il se redressa et vit autour de lui des corps. Des corps nus. Des femmes et des hommes, tous enlacés ....et lui avec.
Il regarda son propre corps si sensible, recouvert de bleus, de coupures, de griffures, de morsures.
Il ne se rappelait pas, aucune bribes de souvenir, rien, le trou noir, mais son sexe encore endolorit lui confirmait qu'il avait participé à cette orgie ........ainsi que le sperme qui lui dégoulinait entre les jambes.
Il avait envie de vomir. Il se leva, chercha ses habits, mais abandonna bien vite devant l'énorme quantité de vêtements qui jonchait le sol. Il ne prit pas la peine de chercher un caleçon, prit un pantalon au hasard, un tee-shirt et retrouva son blouson et ses propres chaussures qu'il enfila et sortit de cette maison.
Il se retrouva dans un quartier luxueux, entouré de belles maisons, de grosses voitures. Il marcha longtemps avant de retrouver leur hôtel, entra dans le hall et se dirigea vers l'ascenseur. Il entendit la réception appeler David pour signaler son arrivé.
Chapitre 39
L'ascenseur montait lentement les étages et lorsque la petite sonnerie retentit les portes s'ouvrirent doucement.
Avant même que celles-ci soient complètement ouvertes, Tom fut projeté contre la paroi froide puis expulsé violemment hors de l'ascenseur.
David l'avait frappé pour la première fois, puis tiré de l'ascenseur avant qu'il ne se referme. Bill, georg et Gus étaient à côté et n'avaient rien vu venir. Il n'avait pu retenir David et en même temps ils n'étaient pas sûr qu'ils n'auraient pas fait la même chose s'ils n'avaient pas été prit de court.
Tom n'avait pas crié sous le choc, n'avait pas tenté de riposter, ni même tenté d'esquiver, il n'avait même pas relevé la tête.
Les quatre membres du groupe et David étaient ratroupés dans le couloir de l'hôtel, attendant une réaction de la part de Tom, mais rien ne venait. Tom regardait désespérement le sol.
Bill : Tom ..... Tu.....
Bill avait une voix douce, mais inquiète et l'on y entendait presque des sanglots. Il avait eu peur, horriblement peur pour son frère et le voir debout devant lui l'avait quelque peu soulagé.
Tom releva la tête, lentement, et Bill écarquilla les yeux, sûrement comme tous les autres. Il plaça ses mains devant sa bouche et les larmes coulèrent en silence.
Tom avait la trace du coup que David lui avait porté, mais également la lèvre et l'arcade sourcilière ouvertes. Dans le cou, une morsure mêlée d'un suçon que ne cachaient pas les dreads relâchées, ainsi qu'un espèce d'hématome. Ses yeux .....ses yeux rouges, vitreux, ses pupilles dilatées, ne disaient rien, pas de colère, pas de haine, pas de tristesse, pas d'ennuis, pas de peur ..... rien, hormis peut-être de la fatigue.
Tom clignait péniblement des yeux et à chaque fois il avait un peu plus de mal à les ouvrirent. Il se passa la langue sur la lèvre inférieure et déglutit bruyamment. Il avait la gorge douloureuse, la bouche sèche. Ses bras étaient recouverts de bleus, coupures et griffures en tout genre dont les origines étaient plus que douteuses.
Bill était terrifié et ceci n'était que la partie visible de son corps. Qu'en était-il du reste ?
David : T'étais où ?
La voix de David était dure, violent, percutante.
Tom : J'sais pas.
David : C'est à qui ces fringues ?
Tom : ...
Il releva juste les épaules en signe de réponse.
David : Qu'est-ce que t'as fait ?
Tom : J'sais pas.
David : Putain Tom t'es partis pendant deux jours, plus de 48 heures, et t'as rien fait ?
Tom : Non, j'en sais rien.
David : TOOM !!!
Tom : J'en sais rien j'te dis, je me rappelle de rien du tout.
Tom avait légèrement haussé le ton, mais celui-ci restait tout de même relativement faible. Il était vidé, son corps n'arrivait pas à digéré les excès endurés pendant ses derniers jours. Il essaya d'avancer pour aller dans sa chambre, mais fut retenu par David.
Tom : Je suis fatigué.
David : Parce que pas nous peut-être ? Tu crois qu'on a siroté tranquillement des cocktails en t'attendant ? Tu crois qu'on a fait de longues siestes, les doigts de pieds en éventails ?
Tom : J'en sais rien.
Tom se frotta le visage, le front, il était mal, il allait mal.
Bill : Arrête David, s'il te plait. Il ne tient plus debout.
David : Ok on va dans le tourbus, on décolle tout de suite.
Tom : Je....
David : Toi tu te la fermes pour l'instant.
Tom n'avait qu'une seule envie, prendre une douche, se laver de toutes ces odeurs étrangères, de toutes ces sécrétions diverses qui irritaient sont corps. Il aurait voulu vomir tout ce qu'il avait bien pu avaler, alcool et drogues.
Son esprit ne se rappelait de rien, mais son corps, lui, lui montrait en détails toutes ses erreurs, tous ses abus, toutes ses tromperies, toutes ses conneries.
Il avait été lâche, il avait été nul et il avait trompé les deux personnes qu'il aimait.
Tom suivit difficilement le groupe jusqu'au bus. Une fois dedans David s'apprétait à recommencer son interrogatoire.
Tom : Laisse moi juste prendre une douche, s'te plait.
David : Mh ok, vas-y.
Tom se retrouva dans l'étroite salle de bain et se regarda dans le miroir pour la première depuis deux jours, c'est vrai, il avait une salle gueule et encore le mot était faible.
Il regarda ses bras, heureusement aucune trace de piqûre, ce qui le rassura un peu, mais il était persuadé d'avoir au moins sniffé, comment aurait-il put planer aussi longtemps et aussi haut autrement ? Même en se piquant il n'avait jamais vécu ça et cela le perturbait énormément.
Il enleva son tee-shirt et observa l'étendue des dégâts. C'était-il battu ? Ou l'orgie avait-elle été quelque peu S&M ? Il ne pouvait répondre. Il avait mal partout, jusqu'au plus profond de son intimité.
L'effet des drogues se dissipant, il commençait à présent à ressentir vivement chaque partie de son corps meurtries.
Une crainte l'envahie. Il avait bu, il s'était drogué, il avait baisé, mais il ne s'était pas protégé.
La porte s'ouvrit et Bill se faufila dans la pièce, il resta quelques instants sidéré devant le corps de son jumeau.
Son dos et son torse, qu'il pouvait voir dans le reflet du miroir, était dans le même état que ses bras qu'il avait vu plus tôt. Il avait les larmes aux yeux et se mordait la lèvre pour ce contenir.
Tom avait couché avec quelqu'un d'autre et ça le bouffait. Tom avait replongé et ça le tuait.
Tom : Qu'est-ce que tu me veux ?
Bill : Je ......excuse moi Tom......je voulais pas .........
Tom : Je m'en remettrais. Sors maintenant.
Bill : Non Tom......... Je ........Je suis désolé parce que je t'aime et je voulais pas qu'on en arrive là.
Tom : Sors.
Tom était froid et Bill ce mordit la lèvre jusqu'au sang, il avait tout foiré, il avait tout foutu en l'air, il aurait voulu revenir en arrière et assumer son amour pour son frère, mais c'était trop tard, Tom ne lui pardonnerait visiblement pas.
Chapitre 40
Bill avait un goût de sang dans la bouche, les larmes aux yeux, les poings crispés et le coeur lourd.
Tom : t'es sourd ?
Bill : Laisse moi au moins soigner tes blessures, s'te plait !??
Tom : Pas la peine.
Bill : Si c'est la peine. Y'en a des pas belles et plutôt profondes.
Tom : Non c'est bon je vais prendre ma douche.
Bill se résigna et sortit de la salle de bain.
Tom finit de se déshabiller et fila sous l'eau brûlante. Il pensait que plus celle-ci serait chaude, plus elle pourrait laver ses erreurs. Il frotta aussi fort qu'il pouvait, s'en arrachant presque la peau. Son intimité le faisait souffrir, il n'avait certainement pas été préparé pour la pénétration.
Il se haïssait.
Comment avait-il pu laisser quelqu'un entrer en lui ? Le prendre sûrement sauvagement aux vues des écchymoses qui parcourraient son corps et de la douleur tranchante qu'il ressentait. Comment avait-il pu faire l'amour à d'autres femmes ? Trahir Lili ? Lili. Il réalisa qu'il allait devoir lui annoncer sa bêtise.
Bêtise ..... si cela n'avait été que ça..... C'était bien pire. Il avait merdé, mais même à cet instant il ne pensait qu'à une chose....ne pas redescendre. Planer encore plus haut pour oublier. Encore oublier, en oublier toujours plus.
Il avait été tellement heureux pendant ses deux derniers mois, comment avait-il pu retomber aussi bas ? C'était encore pire qu'avant, car maintenant il connaissait le plaisir du corps de Bill sous le sien, la chaleur de Bill, l'étroitesse de Bill, les mains de Bill sur lui, Bill le pénétrant, le suçant, lui procurant toujours plus de plaisir.
Il était fou. Oui c'est ça, il était fou et il aimait son frère à en crever. Il aimerait tellement mourir, là, maintenant, dans cette douche. Se sortir toutes ses pensées malsaines, perverses, de sa tête. Etre normal, ne jamais avoir désiré son jumeau, ne jamais l'avoir aimé, ne jamais l'avoir eu.
Sans réfléchir davantage il empoigna la lame de rasoir qui traînait là, qui n'attendait que lui. Il l'enfonça violemment dans sa chair et regarda le sang couler. Il avait mal, mais c'était si bon. Au moins cette douleur, il la contrôlait.
Il posa la lame et scrutait l'eau rougit qui s'échappait par le siphon. Il ne pensait plus à rien, juste à son sang qui se mélangeait à l'eau.
Il sursauta lorsqu'il entendit tambouriner vivement contre la porte. Il sortit de la douche en se saisissant d'une serviette. La tête lui tournait, mais on ne lui laissait aucun répit.
David : Qu'est-ce que tu fous bordel ?
Tom : J'arrive....deux minutes, je m'habille.
David : Hm
David retourna dans le petit salon du tourbus et Tom les rejoignit cinq minutes plus tard. Il s'assit, regardant ses jambes, son poignet qu'il avait bandé et caché sous un serre poignet.
Bill était juste à côté de lui, mais n'osait pas le regarder.
David les interrogeait du regard à tour de rôle.
Gustave et Georg, eux, ne savaient pas où se mettre.
David : Bon j'attends, qui est-ce qui m'explique ce qui se passe ici ?
Tom : Y'a rien, j'ai déconné, c'est tout.
David : T'as déconné et c'est tout ? Tu te fous de moi en plus !?! T'en veux peut-être une autre pour te remettre les idées en place !?! Tu nous as mis dans la merde Tom. On a dû annuler un concert, on c'est tous fait du souci comme pas possible pour toi. Surtout Bill. Il a pas dormi pendant deux jours.....
David était fou de rage, mais Tom ne bougeait pas, ne réagissait pas, n'écoutait même pas. Il était épuisé et en pleine descente. Il s'était sûrement drogué jusqu'à l'inconscience, mais pas au point que son corps soit en manque. Il était juste .... très mal. Son corps en demandait davantage, mais sa tête était encore capable de dire non.
Bill le regarda. Tom avait rattaché ses dreads et Bill le dévisageait à présent. Il s'attarda sur l'hématome dans son cou et poussa un cri.
Bill : Putain merde Tom !!!!!!
Tout le monde avait sursauté et Tom le regarda fixement.
Tom : Quoi ???
Bill : Tom bordel, tu t'es piqué ....... dans le cou !?!
Tom : Quoi ???
Bill : Dans ton cou, ton hématome, c'est ?????
Tom passa la main dans son cou, cherchant une réponse dans sa mémoire.
Tom : Je ......J'en sais rien ......je ......j'aurais pas pu faire ça....tout seul en tout cas....je sais pas, vraiment.
Tom comprenait maintenant comment il avait pu planer comme ça. Ce shout avait été terriblement puissant.
Tom : Faut vraiment que j'aille me coucher.
Tout le monde était resté sur le cul à cette découverte et David ne réagit pas lorsque Tom se releva pour rejoindre sa couchette. Ils le regardèrent juste partir.